Comme un mégot sur le trottoir – Jean-Marie Audrain

 

 

Comme un mégot sur le trottoir

Je me sens dedans comme dehors

Tout et écrasé et noir de noir

Piétiné une fois trop fort.

 

On se croirait parfois utiles

A rhabiller Jacques, Paul et tant

Leur cédant nos habits futiles

Comme saint Martin en son temps.

 

Du temps c’est toujours ce qu’on donne

Sans compter car qui veut aimer

N’entend pas le coucou qui sonne

Lui disant que l’heure a sonné.

 

Comme un mégot sur le trottoir

Je me sens dedans comme dehors

Tout et écrasé et noir de noir

Piétiné une fois trop fort.

 

A côtoyer les gens des rues

Tentant de leur trouver un toit

Son chez soi, on ne le voit plus

Même scénario à chaque fois.

 

Si chacun faisait son travail

De bénévoles il n’y aurait plus

Mais le social, vaille que vaille

Tourne au bureau, non dans la rue.

 

Comme un mégot sur le trottoir

Je me sens dedans comme dehors

Tout et écrasé et noir de noir

Piétiné une fois trop fort.

 

“Mais tout cela chacun le sait

Même si on laisse des gens crever

D’autres que nous sauront s’user

Et puis au fond nul n’est parfait”

 

Les casquettes sont à cumuler

Car une seule ne suffit pas

Pour guérir et pour consoler

Les mille tracas d’ici-bas.

 

On me dit « Saint Bernard un jour

Celui de Jésus ou Buddha

Tu devras le rester toujours

Au ciel on te remerciera ».

 

Comme un mégot sur le trottoir

Je me sens dedans comme dehors

Tout et écrasé et noir de noir

Piétiné une fois trop fort.

 

Comme un mégot sur le trottoir

Je me sens dedans comme dehors

Tout et écrasé et noir de noir

Piétiné une fois trop fort.

 

A écouter ici en chanson :

 

 

 

 

 

 

 

 

Jean-Marie Audrain

Jean-Marie Audrain (981)

A propos du bonhomme

Né d'un père photographe et musicien et d'une mère poétesse, Jean-Marie Audrain s'est mis à écrire des poèmes et des chansons dès qu'il sut aligner 3 mots sur un buvard puis trois accords sur un instrument (piano ou guitare). À 8 ans, il rentre au Conservatoire pour étoffer sa formation musicale.
Après un bac littéraire, Jean-Marie suit un double cursus de musicologie et de philosophie à la Sorbonne.
Il se met à écrire, dès cette époque, des textes qui lui valurent la réputation d’un homme doublement spirituel passant allègrement d’un genre humoristique à un genre mystique.
Dans ses sources d’inspiration, on pourrait citer La Fontaine, Brassens et Devos.
Pendant longtemps il a refusé d’imprimer ses œuvres sur papier, étant un adepte du principe d’impermanence et méfiant envers tout ce qui est commercial.
Si vous ne retenez qu’une chose de lui, c’est que c’est une âme partageuse et disponible.

Pour lire partiellement et commander mon florilège auto édité https://www.amazon.fr/Petit-Prince-Mots-dit/dp/B0BFVZGNYM

S’abonner
Notification pour
guest
6 Commentaires
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires
Plume de Poète
Administrateur
24 mars 2026 10 h 01 min

Très beau texte et belle chanson, bravo Jean-Marie, que de ressenti et de clichés, magnifique !👌

Libert Frédéric
Invité
24 mars 2026 10 h 01 min

L’indifférence de la détresse humaine
Le petit confort de la bourgeoisie bien pensante
La pauvreté des misérables comme Hugo le dénonçait si haut, si fort.
Soyons fraternelles, soyons dans la compassion et non dans la peur.
Anarchie Vaincra !

parseghian viviane
Invité
parseghian viviane
24 mars 2026 9 h 32 min

C’est beau, fort, bordé de solitude et d’humanité …j’ai vraiment aimé…🙏✍️🎀

Olivier Jacob de Cordemoy
Membre
24 mars 2026 9 h 00 min

J’ai une amie qui a beaucoup aimé (mais moi aussi) !