
Comme à l’accoutumée, cette minute philosophique est née de « messages » lus et entendus. On ne pouvait s’empêcher de mettre en parallèle une pratique qui se diffuse à la fois sur les réseaux sociaux et sur les réseaux cathos.
Dans les deux cas, il semblerait que la véracité des faits ne repose pas sur la conclusion d’équipes de spécialistes avertis, mais sur le nombre de personnes qui, autour de soi, dans son réseau, confesse la même foi en tel article.
Du côté des réseaux sociaux, quand on a dit « les scientifiques ont prouvé », c’est plus sûr que parole d’Evangile. D’ailleurs la publicité, au lieu de prouver l’efficacité du produit ou du service vanté se regorge de c’est sûr, et même c’est very sûr. Inconstestable donc…commercialement parlant, bien entendu.
Peu importe que la commission d’experts indépendants comme le Comité Européen de la Santé atteste de l’innocuité d’un vaccin, si « les scientifiques » ont prouvé que le vaccin tuait plus que le Covid, c’est sûr, c’est very sûr !
Sûr les réseaux cathos, le même amalgame est
devenu monnaie courante. Il concerne ce que l’on pourrait appeler les phénomènes extraordinaires : apparitions mariales, prophéties reçues du ciel à propager dans le monde etc.
Là encore, il existe une commission de spécialistes : la Congrégation pour la doctrine de la foi ou CDF (en latin : Congregatio pro Doctrina Fidei) qui est la congrégation actuelle de la Curie romaine ayant à charge de mener enquête sur plusieurs années, voire plusieurs décennies, sur l’authenticité des apparitions ou des prophéties des voyants ou prophètes présumés. En matière de justice, il existe un vocabulaire et une période de simple présomption. Ce n’est pas le cas en matière de la justesse.
On donnerait le bon Dieu sans confession au premier « voyant » qui reçoit l’aval du père untel ou de la sœur untelle. Et si la Congrégation pour la doctrine de la foi conclut qu’il n’y a rien de vrai dans les allégations d’origine prétendument surnaturelles du voyant ou de la prophétesse, les afficionados crédules n’en démordent pas en claironnant «Cela ne change rien pour nous car il n’y a rien de mal dans ses dires ».
Sur
les réseaux sociaux comme sur les réseaux cathos règne donc ce que les jeunes appellent la légende. Une allégation que l’on sait fausse et que l’on colporte pourtant car bien des gens y croient autour de nous, et cette légende ne survit qu’en se répandant.
D’où le titre de cette nouvelle philosophique évoquant ces personnes qui, de bonne foi, colportent des légendes émanant de personnes de mauvaise foi.