
Les fleurs n’ont guère besoin qu’on vante leur beauté, pas plus qu’on ne déclare les unes supérieures aux autres. On a beau tenter d’établir des comparaisons ou de marquer des préférences, les fleurs, elles, se contentent de vivre et de fleurir.
Il en est de même pour les personnes. Nul besoin d’évaluer leur degré de bonheur ou de malheur, en se référant à un barème de réussite sociale. Si l’on s’en tient aux conditions extérieures, c’est un mouvement permanent, une alternance de hauts et de bas. Mais ce
n’est pas ce bonheur relatif qu’enseignent le christianisme et le bouddhisme. C’est au plus profond de notre vie qu’il faut aller le chercher et non dans un confort apparent. Souvenons-nous des six conditions nécessaires au bonheur, évoquées par Daisaku Ikeda dans son livre intitulé Le bonheur », à savoir “la
satisfaction, une philosophie profonde, une conviction, la gaité et le rayonnement, le courage et la tolérance”.
En fait, toutes ces conditions se trouvent contenues dans la foi
en ce que le bouddhisme appelle la Loi merveilleuse, états que l’on retrouve dans l’Abandon à la Providence dans le christianisme. Vivre sa vie en prenant celle-ci pour fondement est le plus grand bonheur qui soit. Rien ne saurait échapper à l’impermanence mais, alors que tout passe, nous avons cette chance extraordinaire de garder en nous, comme un tuteur inamovible et bienveillant, la certitude d’être heureux.
L’arbre de Vie dirait un bibliste. Reste à trouver le chemin vers ce tuteur, vers cet arbre de vie, et là, on ne peut que penser aux paroles de Jésus : « Je suis le chemin, la vérité et la vie ».

L’arbre qui tombe fait plus de bruit qu’une forêt qui pousse. Pourtant le bonheur réside dans l’évolution constante et silencieuse non pas dans nos bruyantes lamentations…