A mon corps défendant – Paul Meursanges

Sur trois rayons de lune j’ai posé la plume
A mon corps défendant
Sur trois rayons de brume j’ai posé l’écume
A ton corps défendu

Longtemps j’ai porté redingote, col et amidon
Et mon regard lorgnon
Puis tu es venue bergamote sourcil en guidon
Et ton regard horizon

J’ai perdu le goût des errances, Cap Horn et porn hub
Le ventre s’apaise cale sèche
J’ai perdu les appoggiatures, le baroque des formes
Le ventre s’assagit ci-gît

J’entends la musique, la musique de ta voix
L’âme se soulève en échographie
J’entends le souffle de ta vie musarder en moi
L’âme se souvient, géographie

Je bois ta lumière coulant de tes cuisses
Le feu de Barbusse je m’y crois
Je mords ta crinière qui duvette ton cou
Ceux de 14 je ne vois

Toujours la même espérance dans la hanche de ton parc
L’hôtel du voyageur sans bagages
Toujours le vouloir du velours de ta colline sacrée
L’hôte du bois joli en cage

Encore je viens m’abreuver au filet de tes songes
Le cœur a ses baisers que raison ignore
Encore je veux t’aimer, t’aimer comme une éponge
Le cœur a ses projets que destin ignore

Je rêve de tes pores, de nos sueurs aliénées
Le temps pose ses crocs d’ivoire
Je rêve de tes jambes à mon cou, lèvres naufragées
Le temps vole nos échos, dis voir

Il ne restera de toi, de moi ,de nous qu’un cri de rage
A faire pointer tes seins
Il ne restera de ça, de là, de quoi qu’un Caravage
A faire b… un saint

©Paul Meursanges

 

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Paul Meursanges

Paul Meursanges (2)

“Pour s'améliorer, il faut changer. Donc, pour être parfait, il faut avoir changé souvent.” Churchill
Je sais ce que le vent fait des herbes folles, il les courbe, les caresse, les couche sur la terre meuble, la terre humide et pleine, les étire jusqu’à ce que la plastique même de leur structure se tendent vers un infini que le soleil va faire croître en les jaunissant. Puis elles deviendront sèches et cassantes.
Celles qui ont la chance d’être épi de blé donneront aux hommes leur pain et l’espérance d’autres épis de blé. Celles qui sont herbes sauvages paieront leur rébellion au prix fort. L’impitoyable de la nature à peu à faire du regard qu’on lui porte. Tout au plus la bise dernière mord un peu plus fort.
Tout se pense alors segment. Il se faut voir et comprendre soi même dans les segments. Segments des âges et des convenances. Au temps qui martèle sa loi des comportements, notre liberté se réduit au refus.

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Invité
30 octobre 2018 7 h 48 min

Très beau texte , avec une belle musicalité.Merci

Christian Satgé
Membre
30 octobre 2018 6 h 33 min

Un excellent, fond et forme. Bravo et merci pour ce bon moment de poésie…

Invité
29 octobre 2018 23 h 03 min

Je viens de m’inscrire ici et vous êtes le premier que je lis.
Et je dois dire que je suis impressionnée par ce texte d’une grande intimité, aux multiples images et d’une belle musicalité .
Une belle sensualité.