Vérité et relativité – Jean-Marie Audrain

Vous avez pris connaissance de ma minute sur les complots dont les complots religieux.  

Un abbé lisant mes remarques à ce sujet m’écrit en évoquant une sœur amie commune colportant ces prétendus messages célestes quotidiens : « Laissez là dire, si cela lui fait du bien ! ».

Cette mise en perspective de vérité et de relativité m’a aussitôt fait penser à la série de Krzysztof Kieślowski Les 10 commandements. Ce réalisateur polonais met en scène des situations évoquant chacun de ces 10 commandements. Arrivé au 8ème commandement, ce dernier l’a bien pris au mot : Tu ne témoigneras pas faussement contre ton prochain. Notez bien qu’il n’est pas question du mensonge dans ces 10 commandements. Malgré tout, Kieślowski nous présente une jeune femme se demandant si elle ne serait pas enceinte et se rend dans un centre d’imagerie médicale pour y passer une échographie. Après discussion avec elle, le gynécologue apprend qu’en cas de grossesse elle ne souhaitait pas garder cet enfant. Ce praticien très catholique se trouve devant un cas de conscience. Il finit par conclure que sauver une vie est plus important que de dire la vérité et il annonce à cette jeune femme qu’elle n’est pas enceinte au vu de l’échographie. De fait cette jeune femme accoucha, garda l’enfant, et regretta d’avoir voulu le supprimer. La hiérarchie des valeurs trouvait dans ce film tout son sens. C’est ce qui se passa durant l’occupation, quand ceux que l’on appellera les justes jurèrent ne pas avoir identifié de juifs dans leur voisinage et de n’en avoir jamais hébergé. Ce mensonge sauva des milliers de vie.

Je n’irai pas jusqu’à dire qu’inventer des messages quotidiens mis dans la bouche de la vierge Marie relèverait du pieux mensonge, mais en relativisant, ne peut-on pas penser qu’il n’y a rien de mauvais dans ces mensonges et qu’il faut laisser ces gens se faire du bien en se persuadant que ce sont eux qui possèdent la vérité contre le reste du monde ?

 

Jean-Marie Audrain

Jean-Marie Audrain (978)

A propos du bonhomme

Né d'un père photographe et musicien et d'une mère poétesse, Jean-Marie Audrain s'est mis à écrire des poèmes et des chansons dès qu'il sut aligner 3 mots sur un buvard puis trois accords sur un instrument (piano ou guitare). À 8 ans, il rentre au Conservatoire pour étoffer sa formation musicale.
Après un bac littéraire, Jean-Marie suit un double cursus de musicologie et de philosophie à la Sorbonne.
Il se met à écrire, dès cette époque, des textes qui lui valurent la réputation d’un homme doublement spirituel passant allègrement d’un genre humoristique à un genre mystique.
Dans ses sources d’inspiration, on pourrait citer La Fontaine, Brassens et Devos.
Pendant longtemps il a refusé d’imprimer ses œuvres sur papier, étant un adepte du principe d’impermanence et méfiant envers tout ce qui est commercial.
Si vous ne retenez qu’une chose de lui, c’est que c’est une âme partageuse et disponible.

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