Tu sais que je t’attends – Jean-Marie Audrain

 

Tu sais que je t’attends

Sans un mot, sans un bruit

En silence infini.

Tu sais que je t’attends

Depuis l’aube des temps

Et sûrement bien avant.

 

Je suis tombé dans ta vie

Comme dans un jardin d’épines

Engourdi par février.

L’écho de ton cœur meurtri

Murmurait comme en sourdine

Sous un tapis de rosée.

Tu sais que je t’attends

 

Tu as dit sans même y croire

Que c’est un vent de hasard

Qui a dévié mon chemin.

Tu maudissais ton grimoire

Qui désespérait tes soirs

Et te mentait au matin.

Tu sais que je t’attends

 

Tu sais que je t’attends

Sans un mot, sans un bruit

En silence infini.

Tu sais que je t’attends

Depuis l’aube des temps

Et sûrement bien avant.

 

J’ai vu naître une lueur

Dans le huis-clos de tes yeux

Par trop de larmes voilées.

Pour que nul ne les effleure

Tes paupières napées de bleu

N’osaient plus se refermer.

Tu sais que je t’attends

 

Tu sais que je t’attends

Sans un mot, sans un bruit

En silence infini.

Tu sais que je t’attends

Depuis l’aube des temps

Et sûrement bien avant.

 

Tu m’as partagé l’histoire

De cette femme abusée

Par des lunes sans goût de miel.

Dans les bris de son miroir

Elle s’était laissée rêver

Au reflet d’un bout de ciel.

Tu sais que je t’attends

 

Tout doucement le glacis

Sur l’herbe et sur ta voix

Détissa fil à fil

Son lourd manteau de frimas.

 

Tu sais que je t’attends

Sans un mot, sans un bruit

En silence infini.

Tu sais que je t’attends

Depuis l’aube des temps

Et sûrement bien avant.

 

J’ai retenu tous les mots

Surgis pour te consoler

Par d’inutiles chapelets.

J’ai lu en toi le fardeau

Des mois qui ont égrainé

Ses promesses et tes regrets.

Tu sais que je t’attends…

 

Tu es tombée de l’histoire

Comme de ton nid au réveil

D’une nuit hallucinée.

Plus affermi que l’ivoire

Ton deuil garde ton cœur en veille

Jusqu’au jour prédestiné.

Tu sais que je t’attends

 

Tu sais que je t’attends

Sans un mot, sans un bruit

En silence infini.

Tu sais que je t’attends

Depuis l’aube des temps

Et sûrement bien avant.

A écouter ici en chanson :

Jean-Marie Audrain

Jean-Marie Audrain (993)

A propos du bonhomme

Né d'un père photographe et musicien et d'une mère poétesse, Jean-Marie Audrain s'est mis à écrire des poèmes et des chansons dès qu'il sut aligner 3 mots sur un buvard puis trois accords sur un instrument (piano ou guitare). À 8 ans, il rentre au Conservatoire pour étoffer sa formation musicale.
Après un bac littéraire, Jean-Marie suit un double cursus de musicologie et de philosophie à la Sorbonne.
Il se met à écrire, dès cette époque, des textes qui lui valurent la réputation d’un homme doublement spirituel passant allègrement d’un genre humoristique à un genre mystique.
Dans ses sources d’inspiration, on pourrait citer La Fontaine, Brassens et Devos.
Pendant longtemps il a refusé d’imprimer ses œuvres sur papier, étant un adepte du principe d’impermanence et méfiant envers tout ce qui est commercial.
Si vous ne retenez qu’une chose de lui, c’est que c’est une âme partageuse et disponible.

Pour lire partiellement et commander mon florilège auto édité https://www.amazon.fr/Petit-Prince-Mots-dit/dp/B0BFVZGNYM

S’abonner
Notification pour
guest
6 Commentaires
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires
Invité
7 septembre 2020 10 h 01 min

Un magnifique partage !

Nadine
Invité
Nadine
6 septembre 2020 14 h 45 min

C’est beau empli d’Espérance… tu attends toujours ?

Invité
6 septembre 2020 11 h 54 min

Tout simplement beau!

Colette Guinard
6 septembre 2020 8 h 15 min

Quel merveilleux poème d’amour merci!

Grant Marielle
Invité
6 septembre 2020 1 h 43 min

Quel poème magnifique Jean-Marie! Une sensibilité profonde, bouleversante!

Invité
5 septembre 2020 23 h 33 min

L’écriture est magnifique, j’adore !