Philosophie et croyance – Jean-Marie Audrain

En commentaire de ma minute philosophique d’hier sur la réconciliation des contraires, Jean-François de demandait de filigrane de poser cette question au sujet de la réincarnation et de la résurrection. Bien qu’il s’agisse de croyance, je relève le défi de philosopher à leur sujet.

Bien que commençant par Ré, ces deux mots n’ont ni le même sens, ni la même origine.

La réincarnation a été popularisée par le bouddhisme se présentant comme une philosophie, mais cette notion provient de l’hindouisme qui est une religion. De ce fait il s’agit bel et bien d’une croyance.

Comment définir réincarnation et résurrection en peu de mots et sans chercher à mettre ces deux croyances en parallèle.

Etymologiquement, réincarnation signifie recevoir un nouveau corps (chair ou carne).

Une même âme migre de corps en corps lors d’une infinité de vies successives. D’un côté la mémoire se vide lors de chaque réincarnation, mais, de l’autre côté, la forme de celle-ci provient de la vie antérieure de l’âme réincarnée. Le projet de la personne convaincue par cette croyance est d’aller vers un mieux, durant la présente existence pour que ce mieux soit hérité lors de la prochaine incarnation. Ce mieux acquis par la libération de tout ce qui est lié au corps, notamment aux passions. Selon certaines écoles brahmaniques, il est possible à terme de rester pur esprit et de ne plus se réincarner.

Ceci n’est que la partie visible de l’iceberg. Dans les profondeurs de cette croyance, il y a des fondations spirituelles déjà évoquées lors de notre minute philosophique sur l’éveil spirituel. Chaque individu, chaque personne, est un grain de sel (notre atma ou notre âme) appelé à se diluer dans l’océan du divin. On pourrait dire que le but de l’existence est de vivre, au final, l’unité avec le divin (Brahma en vocable religieux).

Toute la profondeur de la différence avec la résurrection se trouve là. Selon la croyance en la résurrection, on a bien en perspective non pas l’unité, mais l’union de l’homme avec Dieu. Et l’homme ne se « sauve » pas par lui-même, mais par une coopération avec Dieu.

Chaque homme existe depuis sa conception (selon les termes de notre minute philosophique sur ce sujet) et pour l’éternité. Comme dans les croyances orientales l’âme est éternelle, mais elle garde toute sa mémoire et ne passe pas dans un nouveau corps.

Cela dit, ne pas confondre résurrection et réanimation. Quand Jésus redonne vie à Lazare, il s’agit d’une réanimation (ré-anima, même âme dans même corps).

La résurrection est la renaissance de notre personne dans un corps spirituel. Le mot corps ne signifie pas chair mais union d’une âme et d’une apparence.

Voici en « deux mots » en quoi ces deux croyances, malgré un certain parallèle, sont inconciliables en une même personne.

Jean-Marie Audrain

Jean-Marie Audrain (960)

A propos du bonhomme

Né d'un père photographe et musicien et d'une mère poétesse, Jean-Marie Audrain s'est mis à écrire des poèmes et des chansons dès qu'il sut aligner 3 mots sur un buvard puis trois accords sur un instrument (piano ou guitare). À 8 ans, il rentre au Conservatoire pour étoffer sa formation musicale.
Après un bac littéraire, Jean-Marie suit un double cursus de musicologie et de philosophie à la Sorbonne.
Il se met à écrire, dès cette époque, des textes qui lui valurent la réputation d’un homme doublement spirituel passant allègrement d’un genre humoristique à un genre mystique.
Dans ses sources d’inspiration, on pourrait citer La Fontaine, Brassens et Devos.
Pendant longtemps il a refusé d’imprimer ses œuvres sur papier, étant un adepte du principe d’impermanence et méfiant envers tout ce qui est commercial.
Si vous ne retenez qu’une chose de lui, c’est que c’est une âme partageuse et disponible.

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