
Les enfants jouaient devant la maison avec des boîtes de conserve vide. Leurs parents étaient trop pauvres pour pouvoir leur payer des petites autos ou des petits bateaux, alors c’était leur imagination qui y greffait des roues et des voiles et qui, parfais, parvenait à faire chanter et même danser ces voiles de fer blanc lancées à tout allure sur le bitumes des petites rues ou dans le courant du ruisselet qui longeait les trottoirs et que les parents appelaient caniveaux.

Il n’était pas question qu’une auto à moteur puisse se rapprocher des leurs ou de leurs voiliers métalliques. Les conducteurs téméraires risquaient de recevoir en pleine face par la vitre de leur portière laissée imprudemment ouverte, tout le contenu de leur boîte à punition qui contenaient toute l’huile qu’y avaient oublié les sardines une fois sorties de leur habitat aller pour se faire griller et saler !
C’était un jeu plein de suspens et d’imprévus, jeu qui les obligeait, parfois, à déguerpir à grands pas, non sans avoir subrepticement attaché une guirlande de boites de sardines au pot d’échappement de l’auto du contrevenant qui semblait avoir oublié son sens de l’honneur et son esprit d’enfance.
Merci pour cette belle description qui reflète une réalité vécue par un grand nombre d‘enfants pauvres contre lesquels le sort s’acharne et qui essaient d’oublier en donnant libre cours à leur imagination fertile !