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J’aimerais faire comme ma bonne amie la marmotte
Qui dort pendant toute la saison froide qu’est l’hiver.
J’aimerais pouver fermer les volets, ma porte
Et dormir un long moment, oublier l’hiver.
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Oublier hier, oublier ces quelques mails.
Même s’ils m’ont fait mal, même si je suis en colère.
Non pas contre le monde entier mais envers elle.
Elle qui ne m’écoute plus. Il n’y a plus rien à faire.
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Il n’y a plus rien à faire. Elle a coupé les ponts.
Elle oublie que nous l’avons accueillie chez nous,
Que nous avons eu pour elle de la compassion
Pour sa triste histoire. Mais aujourd’hui, elle s’en fout.
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Elle s’en fout en partant, en nous abandonnant.
En s’éloignant avec ses deux petits garçons
Qui vont grandir là-bas, loin de nous maintenant
Et qui ne viendront plus nous voir à la maison.
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A la maison, j’aimerais faire comme la marmotte
Qui dort pendant toute la saison froide qu’est l’hiver.
J’aimerais pouvoir fermer les volets, ma porte
Pour dormir un long moment. Pour oublier hier.
@ Tous droits réservés.
Bonjour Odile,
Cette poésie émet un souhait : “J’aimerais…”
le verbe “oublier” revient à plusieurs reprises, tel un leitmotiv.
“L”hiver”, l’hibernisation, une marmotte, la saison froide, “fermer les volets, ma porte”, tout occulter pour ne plus souffrir, touchent la sensibilité du lecteur.
“Il n’y a plus rien à faire”, répété deux fois, renforce le côté sombre, désespéré de ce récit.
“Elle s’en fout”, expression réitérée deux fois, marque l’indifférence, le manque d’empathie et de reconnaissance de la personne concernée.
Il s’agit d’un poème écrit pour tenter d’effacer une terrible épreuve, au moins quelques moments. Un poème pour bénéficier d’instants de répits.
L’on saisit bien la finalité de l’ensemble : oublier la situation déplorable et en dernier recours pouvoir la transformer.
Des tournures de phrases appartenant au langage oral souligne le détresse de l’autrice en attirant notre attention.
Cordialement.
G.L.
Écrire est un art qui permet aussi d’oublier sans fuite et de rester paradoxalement avec sa souffrance qui en soi qui nous porte. Et cet art s’exerce et se traduit par ta plume et ce beau texte, chère Odile.
J’aimerais aussi pouvoir…
LMA.