“Nouveaux épisodes de ma vie.” (quatrième suite de la 5ème partie) – Odile Stonham

Je pense notamment à cette dame non-voyante rencontrée lors d’une réunion au milieu d’un groupe d’échanges de paroles. Nous étions une petite assemblée de femmes qui percevaient une prestation sociale et cet après-midi là, des personnes faisant partie du Conseil Général du Calvados étaient présentes.

Une à une, devant ces dernières, nous avons parlé de ce que nous voulions faire. Mon tour arriva et je me mis à évoquer mon projet pour les personnes non-voyantes. Tout en parlant, je remarquais qu’une jeune femme, elle-même aveugle et travaillant pour l’organisme cité plus haut, était particulièrement intéressée par ce que je disais.

Je ne me trompais pas car une fois mon petit discours terminé, elle est venue dans ma direction et m’a déclaré de manière simple que mes paroles avaient retenu son attention et que si je le voulais, elle pourrait m’aider dans la transcription des menus !

Quand j’ai entendu ces mots, je ne savais pas quoi répondre tellement cela me paraissait incroyable. Naturellement, je l’ai remercié et il me semble me rappeler que nous avons  échangé nos coordonnées.

Bien que cette rencontre remonte à un peu plus de vingt ans, je ne l’ai pas oublié. Cette dame a été un de mes premiers soutiens et cela de façon inattendue  en me proposant cette aide que j’étais loin d’imaginer…

Et c’est ainsi que deux restaurateurs du département où je vis ont eu leurs menus transcrits, pour la première fois, dans l’écriture en relief qu’est le braille. Je me souviens du jour où, pour la première fois de mon existence, j’ai eu la joie de les tenir dans mes mains.

Nous étions en fin de matinée et mon mari et moi faisions une petite pause en buvant un café pour lui et un cappuccino pour moi. A un moment, il est parti dehors afin de voir s’il y avait du courrier dans la boîte aux lettres. De mon côté, je sirotais ma boisson, loin de penser à ce qui allait suivre après.

Mon mari est revenu tout souriant, portant une grande enveloppe. Etonnée, j’ai regardé l’un et l’autre sans trop comprendre. Puis, j’ai réalisé : celle-ci contenait la première transcription tant rêvée et tant espérée depuis le jour où j’avais entendu, par hasard à la radio, Gilbert Montagné !

Emotive comme je suis, j’ai éclaté en sanglots. Ce qui a fait rire aux éclats mon mari. Après avoir retrouvé mes esprits, j’ai ouvert la fameuse enveloppe et nous avons pu ainsi voir le magnifique travail qui avait été effectué.

Il y avait beaucoup de feuilles étant donné qu’il y avait eu beaucoup de transcription d’une part et que sur ces dites feuilles, celle-ci ne se fait que sur le recto, d’autre part.

Dans une page précédente, j’ai écrit qu’il fallait un poinçon pour écrire le braille. Mais il existe aussi un autre moyen beaucoup plus rapide et dont l’appareil se nomme l’embosseuse. C’est tout simplement une imprimante dite à impact et qui utilise principalement des procédés mécaniques pour imprimer sur papier.

C’est ce procédé qui a été utilisé pour ces premiers menus ainsi que pour d’autres qui ont suivi à la demande d’un autre restaurateur.

 

@ Tous droits réservés.

Odile Stonham

Odile Stonham (300)

Bonjour,
Je m'appelle Odile et j'ai soixante-et-un ans. Je vis en Normandie, particulièrement dans le Calvados. Je suis mariée et j'ai deux grands enfants dont l'un m'a donné la joie d'être grand-mère de deux petits bonshommes : Ethan et Alexander.
J'ai commencé à écrire des poèmes à l'âge de seize ans et cela m'a beaucoup plu. Puis, petit à petit, j'ai continué à en faire. Etant sentimentale de nature, cela y a peut-être contribué. je ne sais pas. Mes sujets sont variés. Je les prends comme ils me viennent.

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