Il avait cette insolence qu’on porte à trente ans,
Celle qui fait plier les regards,
Celle qui entre sans frapper dans les désirs.
Son sourire éclatait comme une gifle douce,
Et sa peau…dorée, tendue, offerte….
Était un appel que mes mains n’ont pas su ignorer.
Je l’ai aimé avec fureur,
Avec cette urgence qui ne demande ni demain ni pardon.
Nos corps se sont cherchés, trouvés, dévorés,
Dans une langue primitive,
Faite de morsures, de soupirs, de vertiges.
Il m’a emmenée là où je n’étais jamais allée,
Dans des territoires de plaisir
Où l’on oublie son nom,
Où l’on devient juste souffle, juste peau, juste cri.
Un jour de Saint Valentin,
Il est arrivé avec un bouquet de roses rouges
Si vaste qu’il semblait vouloir me recouvrir entière.
Et puis cette phrase, tranchante et tendre :
« Je t’aime…mais pas comme tu le voudrais ».
Ce fut la plus belle…et la plus cruelle…des vérités.
Il en aimait une autre.
Et moi, j’ai refermé cette parenthèse ardente,
Non par faiblesse, mais par lucidité.
Je suis partie, le corps encore vibrant,
Le cœur en feu, mais debout.
Il est un souvenir qui ne s’efface pas.
Il est cette page brûlante dans mon livre intérieur,
Celle que je relis parfois, en secret,
Avec un sourire au coin des lèvres
Et le parfum de vanille dans l’air…
Celui que je portais,
Quand je l’aimais à la folie.
J’aime beaucoup votre écriture Messine et ce texte est très beau…