L’holocauste – Philippe Dutailly

 

Ils étaient là, parqués, tels des rebuts immondes,

Cachés des regards et des sagesses du monde

Soumis aux tortionnaires chargés de l’extinction

De ce peuple venant de la colline de Sion.

 

 

Il faut du temps aux Dieux pour parfaire une vie.

Il en faut peu aux hommes pour ôter cette vie !

Que la haine d’un fou soit communicative

Et la folie du fou est folie collective !

 

 

Le dessin du squelette comme tout vêtement,

Sans couronne d’épines, ils allaient lentement

Sans qu’aucun paradis n’aboutisse à leurs pas ;

Ils connaissaient l’enfer avant l’heure du trépas.

 

 

Ils n’ont même pas eu droit aux planches d’un cercueil

Pas même un petit trou comme tombe d’accueil

Tout comme des ordures sur un terrain désert,

Leurs cadavres s’emmêlaient devant les bulldozers.

 

 

Punis pour être nés avec une religion

Que les nazis traitaient comme une contagion,

Ils étaient là, rongés par l’atroce vermine

Traînant leur presque morts dans ce lieu de famine.

 

 

© Dutailly Philippe – 06 04 1996  tiré de “Un siècle en légende”

Philippe DUTAILLY

Philippe DUTAILLY (90)

Tombé amoureux de "L'albatros" de Charles Baudelaire, poème appris lorsque j'étais 'écolier et nourri au hasard de Victor Hugo, Georges Brassens, Léo Ferré, Lamartine et beaucoup d'autres, j'ai commencé à faire rimer les mots vers l'âge de 18 ans. D'abord très inspiré par Brassens, j'ai pris, au fil du temps, mon autonomie pour en venir à des textes plus intimes qui, pour certains, servirent d'exutoire à des émotions mal vécues.

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