Le poison d’avril -Jean-Marie Audrain

Ce matin pleuvaient sur les réseaux sociaux les photos et les vidéos de la neige du premier avril. Comme d’habitude, ceux qui n’en avaient pas reçu le moindre flocon se montraient grognons comparant leur cadre ordinaire au tapis neigeux extraordinaires des bien heureux abonnés. Qui sait encore accueillir la neige comme un don ?

Précisément hier, dans un bel échange fraternel, un ami prêtre me disait qu’il faut se garder de comparer les dons. Il ne parlait pas de la neige, mais des dons de l’Esprit qui, car si on cède à la tentation de la comparaison, cela nous entraîne à une certaine jalousie, car chacun reçoit ses dons selon ce qui forge sa personnalité et selon sa vocation, selon sa mission et non selon celle du voisin ou de la voisine…

Je relis justement l’excellent libre de Bernard Ugeux « Retrouver la source intérieure » et il nous y dit que la comparaison est un poison. Jalouser la neige des autres serait donc un poison d’avril. Il faut se tenir à distance de toute comparaison vu qu’elle glisse sur la jalousie puis sur le jugement.

Un peu plus loin, par contre, cet auteur nous rappelle qu’il faut également renter dans l’indifférence à l’égard des choses (la neige des réseaux sociaux) ainsi qu’à notre propre égard (que je reçoive ou non le don de la neige), mais surtout pas vis-à-vis des personnes. En effet il est facile de tomber dans l’indifférence face à la pauvreté et davantage face à la misère. Derrière tout cela se cache une pensée comme « Qu’ai-je pu faire au bon Dieu pour mériter cela », et nous transposons te question jaculatoire sur le SDF qui tend la main assis sur le trottoir. La comparaison et l’indifférence constitueraient donc les deux revers d’une même médaille empoisonnée.

L’antidote à la comparaison serait la bénédiction.

Bénir le ciel comme la terre pour la neige reçue ou non par nous et de même pour autrui. Et cela pour toute chose, une action de grâce permanente nous préserve de toute comparaison et donc de tout poison. Peut-être que la lecture de « Retrouver la source intérieure » nous y aidera.   

 

Jean-Marie Audrain

Jean-Marie Audrain (960)

A propos du bonhomme

Né d'un père photographe et musicien et d'une mère poétesse, Jean-Marie Audrain s'est mis à écrire des poèmes et des chansons dès qu'il sut aligner 3 mots sur un buvard puis trois accords sur un instrument (piano ou guitare). À 8 ans, il rentre au Conservatoire pour étoffer sa formation musicale.
Après un bac littéraire, Jean-Marie suit un double cursus de musicologie et de philosophie à la Sorbonne.
Il se met à écrire, dès cette époque, des textes qui lui valurent la réputation d’un homme doublement spirituel passant allègrement d’un genre humoristique à un genre mystique.
Dans ses sources d’inspiration, on pourrait citer La Fontaine, Brassens et Devos.
Pendant longtemps il a refusé d’imprimer ses œuvres sur papier, étant un adepte du principe d’impermanence et méfiant envers tout ce qui est commercial.
Si vous ne retenez qu’une chose de lui, c’est que c’est une âme partageuse et disponible.

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