La maxime Shadock disait : “Si ta tartine tombe sur le côté tartiné, c’est qu’elle était tartinée du mauvais côté”. J’ai voulu éprouver ce proverbe avec une biscotte copieusement recouverte de confiture de myrtilles. A mes frais hélas ! A chaque fois la tartine est tombée du mauvais côté, et à chaque nouvelle fois, pourtant, je croyais bien avoir trouvé la manière de parer à toute chute. En vain encore et encore. Pas moyen de contourner durablement le caractère à la fois friable et versatile de la biscotte tartinée.
Je dus me rendre à l’évidence : ce qui peut tomber tombera tôt ou tard !
Cette anecdote peut-être aisément transposée dans le domaine de notre condition humaine.
Puisque Eve avait la possibilité de croquer ce que l’on nommera de façon imagée « la pomme », malgré l’avertissement céleste, immanquablement elle allait, tôt ou tard la cueillir et la croquer. S’en étonnant elle-même, elle accuse le serpent puis donne l’objet de la transgression à Adam. Cet épisode appartient au genre littéraire du “mashal”, à mi-chemin entre la fable et le mythe fondateur.
De toute éternité, l’homme sait qu’il peut chuter, et, partant, chutera. Se mettre des œillères ne sert à rien. Se dire “Les autres certainement, mais moi jamais” est la meilleure façon de se faire piéger. “Qui veut faire l’ange fait la bête” nous rappelle Blaise Pascal. A nous de trouver notre point d’équilibre : celui qui, de nous, fait un homme ou une femme libre, mais conscient d’être “exposé(e)” à la chute.
Bonjour Alain. J’aime beaucoup votre réflexion qui en dit long sur un ressenti de la nature humaine dont je partage les propos.
Une belle journée à vous et merci pour votre lecture.
Cordiales salutations.