Un joyeux petit train
Partait de bon matin
Pour la Provence, pour le midi,
Vers un ciel qui n’est jamais gris.
Sûr, il prenait son temps
Il avait tout le temps
De gambader, à travers prés,
De faire siffler sa cheminée,
Mais ce petit train surtout aimait
Faire des ronds avec sa fumée.
Les vaches qui regardaient
Le petit train flâner
Disaient tout bas:
“Qu’est-ce que c’est qu’ça
Il ne s’en fait pas celui-là !
Il n’est pas électrique,
Il grince des mécaniques,
Fait un ramdam d’hippopotame
En promenant ces messieurs dames;
Il fait une drôle de musique,
Oui mais il est bien sympathique”.
Le laurier et le thym
Traçaient son chemin;
De-ci, de là, il serpentait
Entre la menthe et le muguet.
Sûr, il n’avait pas peur
De souffler sa vapeur
Pour saluer les paysans
En émettant des bruits marrants,
Pour annoncer son arrivée
Au chef de gare qui fait le guet.
S’il vous arrive un jour
De faire un petit tour
Vers la Provence, vers le midi
Sans même aller bien loin d’ici,
Vous le reconnaîtrez
A son air étonné.
N’allez pas rire de son grand âge
Car il bouderait le garage;
Il est tout comme dans ma chanson
Le plus charmant des compagnons.