Le courage à deux mains – Jean-Marie Audrain

 Qu’il ait perdu son travail, sa mère ou le goût de vivre, après l’avoir écouté à mi-mots, on s’en éloigne en lançant un furtif  « Courage » aussi rituel que dérisoire. J’avoue ne pas apprécier ce mot « lave-mains » lorsqu’on l’adresse à autrui. Imaginez Pilate l’adressant à Jésus au moment où il le livre aux juifs après s’en être dédouané par un réel lavage de mains !

Ce mot est aussi navrant que la fuite par des questions décalées (Qu’est-ce que la vérité ? Est-ce que je suis juif, moi ?). Le lave-mains va du faux, au vrai fuyant, pour celui qui n’a justement pas le courage de voir l’autre en face dans sa souffrance qui résonne comme un appel. Parlons donc pour nous-même : quel est le courage qui ME manque ? Les réponses sont pléthore depuis le film « Courage fuyons » d’Yves Robert au livre « Le courage d’avoir peur » de

Marie-Dominique Molinié . Courage de regarder en face sa personne avec sa vie en bandoulière, courage d’arrêter le moteur, de retirer la clef de contact, et de faire un auto-bilan, courage de changer sa besace d’épaule parfois, courage de faire machine-arrière et de reconnaître avoir fait fausse route, courage, parfois, d’accepter de repartir à « zéro », courage de tourner une page qui n’est ni toute rose ni toute noire (ce serait trop facile), courage de prendre le risque de se tromper à nouveau, et donc courage de sauter à pieds joints et sans filet dans une nouvelle vie dont on ne sait strictement rien.

Nous voilà loin du courage-lave-mains avec ce réel courage-vie-en mains. C’est à son propos que je vous livre cette réflexion pour y accorder (ou désaccorder) vos mots.

Rien d’impossible en la matière. J’y suis bien arrivé (ouf !) , alors… courage !

Jean-Marie Audrain

Jean-Marie Audrain (976)

A propos du bonhomme

Né d'un père photographe et musicien et d'une mère poétesse, Jean-Marie Audrain s'est mis à écrire des poèmes et des chansons dès qu'il sut aligner 3 mots sur un buvard puis trois accords sur un instrument (piano ou guitare). À 8 ans, il rentre au Conservatoire pour étoffer sa formation musicale.
Après un bac littéraire, Jean-Marie suit un double cursus de musicologie et de philosophie à la Sorbonne.
Il se met à écrire, dès cette époque, des textes qui lui valurent la réputation d’un homme doublement spirituel passant allègrement d’un genre humoristique à un genre mystique.
Dans ses sources d’inspiration, on pourrait citer La Fontaine, Brassens et Devos.
Pendant longtemps il a refusé d’imprimer ses œuvres sur papier, étant un adepte du principe d’impermanence et méfiant envers tout ce qui est commercial.
Si vous ne retenez qu’une chose de lui, c’est que c’est une âme partageuse et disponible.

Pour lire partiellement et commander mon florilège auto édité https://www.amazon.fr/Petit-Prince-Mots-dit/dp/B0BFVZGNYM

S’abonner
Notification pour
guest
0 Commentaires
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires