Le Conte n’est pas bon- Jean-Marie Audrain

Quand j’étais prof de philo et de musique dans plusieurs établissements de Paris et de banlieue, devant aller dans la même journée d’un collège et lycée de banlieue sud à un autre de banlieue est,  posséder une auto m’était indispensable, en sus des transports en commun. L’été précédant ce multiple engagement, j’étais allé acheter, dans une ferme sise à côté de Castelnaudary, une super auto dont je n’étais pas peu fier : Simca 1100 équipée sport : de grosses barres de fer renforçait toute la carlingue dans l’habitacle intérieur, un siège baquet, un mini volant équipé d’une peau de bête etc.

 

Dès que le Conte a vu mon acquisition dans le parking de la résidence, juste sous ma fenêtre de rez-de-chaussée, celui-ci m’a fait comprendre qu’une telle auto dépareillait et donnait une alluré négligée à sa résidence.

Je lui ai répondu que, vue de l’extérieur, c’était une auto tout à fait semblable aux autres, faisant semblant d’ignorer que ce copropriétaire du quatrième étage de l’escalier d’à côté avait comme occupation principale d’espionner à la longue vue les autos et les balcons des autres qui, bien évidemment, lui étaient inférieurs.

 

L’été suivant la mise sur ma place privée de parking de mon auto, je suis parti en vacances un bon mois avec mon vélo sous le bras car je descendais à Royan en train.

A mon retour, mon auto avait disparu. Je pensais qu’elle avait été volée, mais des voisins m’ont appris que le Conte avait appelé la fourrière. Je m’y suis aussitôt fait conduire par mon père qui garait son auto juste en face de la mienne et qui n’était au courant de rien.

Arrivé sur le funeste lieu, le tenancier m’apprit que le Conte avait demandé la destruction de ce véhicule car abandonné depuis un mois et un jour sur une place privée de sa résidence. Quand j’ai pu identifier mon précieux véhicule, il venait d’être compressé et à la place de ma super auto sportive, j’avais devant moi… une sculpture de César !

 

Jean-Marie Audrain

Jean-Marie Audrain (977)

A propos du bonhomme

Né d'un père photographe et musicien et d'une mère poétesse, Jean-Marie Audrain s'est mis à écrire des poèmes et des chansons dès qu'il sut aligner 3 mots sur un buvard puis trois accords sur un instrument (piano ou guitare). À 8 ans, il rentre au Conservatoire pour étoffer sa formation musicale.
Après un bac littéraire, Jean-Marie suit un double cursus de musicologie et de philosophie à la Sorbonne.
Il se met à écrire, dès cette époque, des textes qui lui valurent la réputation d’un homme doublement spirituel passant allègrement d’un genre humoristique à un genre mystique.
Dans ses sources d’inspiration, on pourrait citer La Fontaine, Brassens et Devos.
Pendant longtemps il a refusé d’imprimer ses œuvres sur papier, étant un adepte du principe d’impermanence et méfiant envers tout ce qui est commercial.
Si vous ne retenez qu’une chose de lui, c’est que c’est une âme partageuse et disponible.

Pour lire partiellement et commander mon florilège auto édité https://www.amazon.fr/Petit-Prince-Mots-dit/dp/B0BFVZGNYM

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Odile Stonham
1 mai 2024 8 h 35 min

Triste destin pour ta voiture Jean-Marie ! Bien qu’elle n’était pas une personne, j’ai de la compassion pour elle. Elle ne méritait pas de finir ainsi…

Plume de Poète
Administrateur
29 avril 2024 20 h 43 min

Belle histoire bien triste pour la voiture.
Dommage pour les fautes et le manque du nom d’auteur…