Le banc de la solitude – Eric de La Brume

C’est la fin de l’hiver,
petit à petit, les jours s’allongent,
les arbres bordant les rues,
s’apprêtent à sortir de leur léthargie hivernale.
Au petit matin, dans une rue,
perdue au cœur de Paris,
un vieux, assis sur un banc,
le regard penché sur un livre, méditait.
Une journée claire et lumineuse s’annonçait,
mas encore fraîche, laissant voir,
que malgré l’approche du printemps,
l’hiver n’avait pas encore dit son dernier mot.
Quelques arbres, aux branches dénudées,
les tendaient vers le ciel,
dans l’attente de jours plus cléments,
afin de pouvoir à nouveau faire renaître la vie.
Tous les jours, à la même heure,
il était là, à la pointe de l’aube,
assis, drapé dans un grand pardessus,
solitaire, la tête penchée sur une lecture évasive.
Il avait déjà bien vécu,
avait tout connu dans sa longue vie,
de temps en temps, il relevait la tête,
et regardait sans voir l’environnement qui l’entourait.

Depuis longtemps, la femme qu’il aimait tant,
avait disparu, et ses enfants,
vaquaient à leurs occupations, sans plus faire attention,
à ce père, qui, pourtant toute sa vie durant était attentionné.

Il était, là assis sur un banc,
le banc de la solitude, en compagnie,
de quelques autres qui venaient s’asseoir,
chacun sur un banc, indifférents les uns aux autres.

Il y passait souvent plusieurs heures,
avant de se lever pour rentrer,
et se plonger un moment, dans cette foule
dans laquelle il se frayait un passage tel une ombre.

Pourtant, il avait eu une vie bien remplie,
mais son monde, avec le poids des ans,
petit à petit avait disparu,
et il ne lui restait plus comme compagne que la solitude.

Cela faisait déjà bien longtemps,
qu’il était sorti de la vie active,
il vivait maintenant seul, habitant,
en début de rue dans un petit appartement.

Un jour, au début du printemps,
alors que les grands arbres commençant à bourgeonner,
le banc resta désespérément vide,
la vie l’avait quitté, alors que le renouveau venait de s’installer.

Une vie venait de disparaître,
on le retrouva, après quelque jours,
endormi à jamais,
son âme avait retrouvé les siens.

Cependant, il revenait régulièrement,
s’asseoir sur ce banc de solitude,
où la tête penchée sur un livre,
il rêvait déjà au monde qu’il venait d’atteindre.

Texte d’Eric de La Brume
Le 12 avril 2021

Eric de La Brume

Eric de La Brume (339)

Bonjour et bienvenue dans mon monde! Ce que vous aller trouver ici, je ne sais pas exactement comment on peut le qualifier. Je pense que ce sont des textes qui expriment un ressenti et qu'on peut qualifier de textes poétiques et c'est pourquoi j'ai choisi cette rubrique. Ce sont des mots et des phrases jetés au hasard, de manière éparse et automatique que je cherche par après à agencer,et à leur donner un sens et une couleur. La poésie, pour moi, c'est l'expression de l'âme, un peu comme si on se noyait dans son propre regard et c'est ce regard que je tiens à vous partager..

Si vous désirez voir l’entièreté de mes textes, vous pouvez toujours vous rendre sur mon site officiel

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