
L’aveugle au carton à dessin
Tous le voyaient passer en ville
Il semblait fragile et docile
Avec son air de grand gamin.

On voyait en lui un artiste
Enrobé dans sa gabardine
Ignorant bien que ce clown triste
Y cachait une carabine.

Son oreille des plus délicates
Avait horreur des coups de feu
Mais muni de son silencieux
On n’oyait que ses pieds qui tapent.

Il se savait seul épargné
Par les chauffards impénitents
Qui écrasent le tout venant
Comme mégot en cendrier.

Quand il sentait poindre un délit
Au niveau d’un passage clouté
Sans coup de frein comme oublié?
Sa cane tirait comme un fusil

Il ignorait les sommations
Quand une vie était en danger
Il ripostait par gradation
Aux risques savamment pesés.

Il visait donc le premier soir
Non pas le chauffard criminel
Mais le bouchon du réservoir
Qui explosait en plein bordel.
Si le même gars y survivait
Et osait snober les passants
Quatre coups bas allaient sonnant
Et tous les pneus y explosaient.

Les récidives se faisaient rares
Par peur que le tireur grincheux
N’aille décocher tôt ou tard
Une balle entre les deux yeux.

L’aveugle au carton à dessin
N’étonnait vraiment plus personne
La vengeance était sa patronne
Et le juste coup son destin
Dommage toutes ces fautes dans ce texte qui n’a ni queue ni tête… Ce n’est pas de toi Jean-Marie… On a lu mieux…