L’aveugle au carton à dessin – Jean-Marie Audrain

    

 

L’aveugle au carton à dessin

Tous le voyaient passer en ville

Il semblait fragile et docile

Avec son air de grand gamin.

 

 

 

 

On voyait en lui un artiste

Enrobé dans sa gabardine

Ignorant bien que ce clown triste

Y cachait une carabine.

 

 

Son oreille des plus délicates

Avait horreur des coups de feu

Mais muni de son silencieux

On n’oyait que ses pieds qui tapent.

 

 

Il se savait seul épargné

Par les chauffards impénitents

Qui écrasent le tout venant

Comme mégot en cendrier.

 

 

 

Quand il sentait poindre un délit

Au niveau d’un passage clouté

Sans coup de frein comme oublié?

Sa cane tirait comme un fusil

 

 

Il ignorait les sommations

Quand une vie était en danger

Il ripostait par gradation

Aux risques savamment pesés.

 

 

Il visait donc le premier soir

Non pas le chauffard criminel

Mais le bouchon du réservoir

Qui explosait en plein bordel.

 

 

 

Si le même gars y survivait

Et osait snober les passants

Quatre coups bas allaient sonnant

Et tous les pneus y explosaient.

 

 

 

Les récidives se faisaient rares

Par peur que le tireur grincheux

N’aille décocher tôt ou tard

Une balle entre les deux yeux.

 

 

 

L’aveugle au carton à dessin

N’étonnait vraiment plus personne

La vengeance était sa patronne

Et le juste coup son destin

Jean-Marie Audrain

Jean-Marie Audrain (960)

A propos du bonhomme

Né d'un père photographe et musicien et d'une mère poétesse, Jean-Marie Audrain s'est mis à écrire des poèmes et des chansons dès qu'il sut aligner 3 mots sur un buvard puis trois accords sur un instrument (piano ou guitare). À 8 ans, il rentre au Conservatoire pour étoffer sa formation musicale.
Après un bac littéraire, Jean-Marie suit un double cursus de musicologie et de philosophie à la Sorbonne.
Il se met à écrire, dès cette époque, des textes qui lui valurent la réputation d’un homme doublement spirituel passant allègrement d’un genre humoristique à un genre mystique.
Dans ses sources d’inspiration, on pourrait citer La Fontaine, Brassens et Devos.
Pendant longtemps il a refusé d’imprimer ses œuvres sur papier, étant un adepte du principe d’impermanence et méfiant envers tout ce qui est commercial.
Si vous ne retenez qu’une chose de lui, c’est que c’est une âme partageuse et disponible.

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3 Commentaires
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Plume de Poète
Administrateur
30 septembre 2023 20 h 04 min

Dommage toutes ces fautes dans ce texte qui n’a ni queue ni tête… Ce n’est pas de toi Jean-Marie… On a lu mieux…