Lapins des villes, lapins des champs – Jean-Marie Audrain

Les lapins des villes

Comme les lapins des champs

Rêvent de luzerne

Et ne sont pas méchants.

 

Pour leur fan-clubs gardez vos carottes

Queues de radis ou feuilles de céleri

Ils vous danseront une petite gavotte

Et des oreilles vous diront merci.

 

Ils n’aiment pas les feuilles de magazine

Pages des recettes ou pages des mannequins

Ils sauvent leur peau à coup de dents fines

Pour ne pas finir en sac à main.

 

Ils voient rouge aussitôt qu’on les traite

De lièvre ou de noms de marsupiaux

Mais pour du foin ils vous feront la fête

Vous caressant du bout du museau.

 

Ne leur jetez jamais aux moustaches

L’autre nom du coup du Père François

Ils risqueraient de devenir vaches

En imitant l’odeur du putois !

 

Les lapins des villes

Comme les lapins des champs

Rêvent de luzerne

Et ne sont pas méchants.

 

Jean-Marie Audrain

Jean-Marie Audrain (984)

A propos du bonhomme

Né d'un père photographe et musicien et d'une mère poétesse, Jean-Marie Audrain s'est mis à écrire des poèmes et des chansons dès qu'il sut aligner 3 mots sur un buvard puis trois accords sur un instrument (piano ou guitare). À 8 ans, il rentre au Conservatoire pour étoffer sa formation musicale.
Après un bac littéraire, Jean-Marie suit un double cursus de musicologie et de philosophie à la Sorbonne.
Il se met à écrire, dès cette époque, des textes qui lui valurent la réputation d’un homme doublement spirituel passant allègrement d’un genre humoristique à un genre mystique.
Dans ses sources d’inspiration, on pourrait citer La Fontaine, Brassens et Devos.
Pendant longtemps il a refusé d’imprimer ses œuvres sur papier, étant un adepte du principe d’impermanence et méfiant envers tout ce qui est commercial.
Si vous ne retenez qu’une chose de lui, c’est que c’est une âme partageuse et disponible.

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Grant Marielle
Invité
17 octobre 2020 8 h 09 min

Un charmant poème sur des animaux tout aussi charmants!

Alain Salvador
Membre
16 octobre 2020 21 h 17 min

Ma fille avait un lapin, une lapine plutôt, naine et angora, toute blanche.Mais ce fut un comble pour nous de s’apercevoir qu’elle n’aimait pas…les carottes….