Il est surprenant de voir à quel point le « Je t’aime », parole emblématique de la relation amoureuse, est de moins en moins prononcé entre les hommes et les femmes, et de plus en plus à l’égard des enfants voire des animaux. Comme s’il y avait eu un transfert du partenaire sexuel vers l’enfant ou l’animal… Cela est d’autant plus déstabilisant qu’aujourd’hui « Je t’aime » a moins de valeur d’engagement (« C’est toi que
j’ai choisi ») que de modalité (« Je te désire »). On risque même d’induire une confusion dans l’esprit de l’enfant. Sans compter qu’un « Je t’aime » appelle souvent un « Moi aussi ». Serait-on passé à l’ère de l’amour Plug and play ?
Revenons donc à la relation dans le couple qui, au final, peut servir de paradigme à cause du présumé écho au Je t’aime qui peut se décliner entre Moi aussi et Moi non plus
.
Ce qui est certain, c’est que tout amour tu tue la communication entre l’homme et la femme, ou entre deux conjoints censés s’aimer. « Se le dire » signifie bien entendu se le dire clairement par des mots (je t’aime plutôt que Minou ou Lapin), mais aussi par des regards et des attitudes. Pour ne pas oublier les actes, car l’acte d’amour ne se résume pas au lit, mais aussi aux 5 langages de l’amour, titre d’un livre sur lequel nous reviendrons dans une prochaine Minute.
Cela dit, le père Guy Gilbert déclarait, comme nous l’avons vu dans une précédente vidéo, que dire le matin Je t’aime à son enfant, c’est lui donner toutes les chances de réussite pour toutes sa vie, mais déjà pour toute sa journée. Il en va de même dans la relation du couple. Des mots qui viennent du cœur et non du bout des lèvres ou de la « machine », nom que Blaise Pascal donne à notre faculté d’enchaîner les paroles et les gestes par habitude. A partager sans modération.
Le cœur semble avoir ses raisons que la bouche ignore. La raison d’aimer n’est-elle pas de prendre plaisir, et même bonheur, à se le dire ? Aimer et se le dire est, d’ailleurs, le titre d’un des livres les plus réédités et les plus traduits depuis le début des années 90’.
Je vous laisser relire et méditer posément et à deux cette Minute, cela va sans dire.
