La comtesse sans pourquoi – Jean-Marie Audrain

 

La dame sans pourquoi

Alignait sur sa feuille

Comme une croix en deuil

Des vers de bon aloi.

 

La fille sans question

Sentait suinter en elle

Des mots comme des appels

En quête d’ovation

 

Laisse-la aller

De ses pleins à ses déliés

Elle aime tant voguer

De son plein gré.

 

La plume sans stylet

Semait pour vendanger

Des vivas enchantés

Au son de ses sonnets.

 

La femme sans vergogne

Au cœur dans un corps sage

Etonnait tous les âges

Telle une poupée gigogne.

 

Laisse-la aller

De ses pleins à ses déliés

Elle aime tant voguer

De son plein gré.

 

La fille sans retour

A ses ancres à la mer

A ses flacons sans verre

Se croyait sans amour.

 

La belle qui grimpait

Au rideau des bravos

Des afficionados

Leur faisait de l’effet !

 

Laisse-la aller

De ses pleins à ses déliés

Elle aime tant voguer

De son plein gré.

 

N’allez pas croire

Que je vous chante le soir

D’improbables histoires

Surgies de ma mémoire

Tout est encore à vivre et voir.

 

L’inconnue qu’on croyait

Etrangère aux idylles

Main tendue sur son fil

Menait sa vie en paix.

 

Laisse-la aller

De ses pleins à ses déliés

Elle aime tant voguer

De son plein gré.

 

 

C’est une comtesse

Taisant sa noblesse

Sans aveu de faiblesse

Avec un cœur en liesse

 

A écouter ici en chanson :

 

 

Jean-Marie Audrain

Jean-Marie Audrain (982)

A propos du bonhomme

Né d'un père photographe et musicien et d'une mère poétesse, Jean-Marie Audrain s'est mis à écrire des poèmes et des chansons dès qu'il sut aligner 3 mots sur un buvard puis trois accords sur un instrument (piano ou guitare). À 8 ans, il rentre au Conservatoire pour étoffer sa formation musicale.
Après un bac littéraire, Jean-Marie suit un double cursus de musicologie et de philosophie à la Sorbonne.
Il se met à écrire, dès cette époque, des textes qui lui valurent la réputation d’un homme doublement spirituel passant allègrement d’un genre humoristique à un genre mystique.
Dans ses sources d’inspiration, on pourrait citer La Fontaine, Brassens et Devos.
Pendant longtemps il a refusé d’imprimer ses œuvres sur papier, étant un adepte du principe d’impermanence et méfiant envers tout ce qui est commercial.
Si vous ne retenez qu’une chose de lui, c’est que c’est une âme partageuse et disponible.

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Marilyn Aubert-Chevallier
3 avril 2025 20 h 21 min

Merci 🤩 pour ce beau poème sur les femmes 🧍‍♀️ Bonne soirée 🌆

Barbara Belle
Membre
2 avril 2025 20 h 20 min

Ce texte me rapelle quelque chose…

Elena Martinez
Invité
Elena Martinez
2 avril 2025 13 h 18 min

Beau texte et chanson…vous êtes très prolifique !

Nicole
Invité
Nicole
2 avril 2025 12 h 25 min

Magnifique musique belle paroles 🙂

Chausson Maud
Invité
Chausson Maud
2 avril 2025 10 h 40 min

Laissons la comtesse voguer au fil du temps. Sa noblesse mérite un détour. Belle chanson aussi. Merci. Maud.