
Elle broutait paisiblement
La chèvre du père Adam ;
Pour raser un champ de trèfle
Il faut dire qu’elle était sans pareille.
Un loup qui rôdait par là,
Que son estomac guida
Et qui n’avait rien mangé et rien bu,
Au bas mot, depuis la veille,
Voyant l’animal brouter
Le loup s’était approché ;
Il déclara à la chèvre, la biglant dans les yeux :
“Biquette, broutons tous les deux”.
Mais la chèvre ne disait ni oui, ni non,
Ni même peut-être de la tête,
Mais ses pensées lui disaient, j’en suis sûr,
Que, jamais, elle n’aurait dû naître.
Le loup n’était pas méchant
Vu qu’il n’avait plus une dent.
Il était devenu, les ans aidant,
L’animal le plus docile.
La chèvre ne savait rien
Sinon que le loup avait faim
Et c’est, bien sûr, pour ne pas être mangée
Que la bête se mit à pleurer.
“Qu’as-tu là ? »disait le loup
“Je n’ai pas demandé tout,
Broutons chacun la moitié du terrain,
Biquette, serrons-nous la main.”
Mais la chèvre ne disait ni oui, ni non,
Ni même peut-être de la tête,
Mais ses pensées lui disaient, j’en suis sûr,
Que, jamais, elle n’aurait dû naître.
“Voilà donc un gentil loup,
Fort conciliant et bien doux ;
Il n’a rien de ce que m’ont raconté mes ancêtres”
Se dit la chèvre.
“Je pourrais même jeter
Un doute sur sa santé
Un loup qui, pour brouter, vient d’aussi loin
Est sûrement végétarien.
Je m’en vais lui demander
De se repaître à côté
De ne plus brouter l’herbe sous mon pied”.
“Gros loup, veux-tu décamper !”.
Mais le loup ne disait ni oui, ni non,
Ni même peut-être de la tête,
Mais il avala, sans procès-verbal,
D’un coup, notre animal.
A écouter ici en chanson :
Original et taquin j’aime beaucoup
Bravo
La chèvre blanche de monsieur seguin, il ne faut pas parlé à un loup même ÉDENTÉ belle fable ,je me l’a r’appelle plus sauf blanche et de M e ,SEGUIN …BIZZZ. , JM .A …
Bravo pour cette fable colorée au toujours registre cruel , la petite chèvre perd la partie …j’aimais bien que le loup soit végétarien …vrai 🙏
Ah oui la chèvre ! Que de souvenirs d’enfance ! Malheureusement la nature reprends ses droits !
Magnifique, souvenir de la chèvre de monsieur Seguin que j’adorais quand j’étais petite
C’est vraiment tres beau. C’est très imaginatif très créatif et en plus, ça donne du baume au cœur, ça fait plaisir, ça rappelle des moments de la vie, des circonstances et j’aime beaucoup.
Jean-Marie, je viens de lire ta fable et jusqu’au bout, j’ai bien cru que la chèvre serait épargnée… Ton histoire m’en a rappelé une que j’ai lu étant petite et que tu dois sûrement connaître aussi : “La chèvre de Monsieur Seguin”. Rien que de l’évoquer, j’ai la gorge qui se noue…
Pauvre petite biquette !!!!
Très belle fable, merci au fin poète que tu es. Faut-il être bon jusqu’à terre “poire” jusqu’à se faire complétement dévorer ? Ou au contraire méfiant jusqu’à devenir fermé à toute compassion ? Eternel sujet te tension dans le discernement de chacun…
Toujours se méfier des vieux ( loups ) souvent ” tordus ” …
A chacune et à chacun de trouver la morale de cette fable. Je ne suis ni Esope no La Fontaine…