Jean qui dit, Jean qui leurre – Jean-Marie Audrain

 

Quand il a perdu sa mère

Jean a juré sur le marbre

De sa tombe noyée de fleurs

Tout arrosées de ses larmes

Croix de foi et croix amère

Qu’il ne l’oublierait jamais.


Les soucis du quotidien

Noyèrent promesses et larmes

Quand il vient à mettre en terre

Son père après dix automnes

Déjà oubliée la tombe

Et sa mère qui y dormait.

Quand il perdit un à un

Ses meilleurs amis d’enfance

Histoires de craché-juré

Jamais on ne s’oubliera

Promesses dignes d’un ivrogne

Toutes fleurs étaient fanées.

A quoi bon jurer, promettre

Quand la manivelle des ans

Mouline peu à peu en miettes

Les sentiments, les bons mots

Comme les meilleures intentions

Tout enterrées dans la tombe.

 

A retenir de ce poème

Jean-Marie Audrain

Jean-Marie Audrain (989)

A propos du bonhomme

Né d'un père photographe et musicien et d'une mère poétesse, Jean-Marie Audrain s'est mis à écrire des poèmes et des chansons dès qu'il sut aligner 3 mots sur un buvard puis trois accords sur un instrument (piano ou guitare). À 8 ans, il rentre au Conservatoire pour étoffer sa formation musicale.
Après un bac littéraire, Jean-Marie suit un double cursus de musicologie et de philosophie à la Sorbonne.
Il se met à écrire, dès cette époque, des textes qui lui valurent la réputation d’un homme doublement spirituel passant allègrement d’un genre humoristique à un genre mystique.
Dans ses sources d’inspiration, on pourrait citer La Fontaine, Brassens et Devos.
Pendant longtemps il a refusé d’imprimer ses œuvres sur papier, étant un adepte du principe d’impermanence et méfiant envers tout ce qui est commercial.
Si vous ne retenez qu’une chose de lui, c’est que c’est une âme partageuse et disponible.

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