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Comme un mamelon se dessinant sous le soleil couchant, la rondeur de la poitrine masqua les rayons d’argent. La luminosité déclinante glissa sur la peau, lustra ses contours d’un filament doré et releva le galbe exquis des formes.
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Puis, sans avoir une impression de crépuscule, l’ambiance s’assombrit. Un astre, faisant écran, s’inclina sur ce paysage délicat et explora à pas de velours cet univers si tendre . Cette galaxie naissante s’abandonna à une profusion de sensations. Plaisir des corps et des images qui se subliment mutuellement, sans pouvoir départager leur beauté…
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Instants sans histoire qui se suffisent à eux-mêmes le temps d’un éclair de mémoire. Ni prélude, ni dénouement, ni épilogue. Les amours aériennes sont si légères !! De cette inconsistance qui fait presque oublier qu’elles sont humaines.
Images dorées qui invitent à cueillir la vie dans les jardins où ne poussent plus les fleurs de la passion.
Sensualité à ciel ouvert par des matins couchants et des soirées d’aurore ? Le
goût d’exister tient si peu de place et peut engendrer tant d’envies…
Horizons désenchanteurs… qui se repaissent de fragilités et tentent en vain d’assembler des éclats incollables… Nature humaine morcelée dont la pérennité ne tiendrait qu’à la qualité intrinsèque de son ciment ?
Peut-on relier les images dorées pour leur donner du sens ? Sous prétexte de cohérence, ne ferait-on que les effaroucher ? Ne sont-elles pas ces ailes de papillons palpitantes qui s’étiolent au moindre souffle ?
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Insaisissables, perceptibles le temps d’une œillade, elles s’évanouiraient presque avant d’être fixées. C’est alors que la persistance rétinienne entre en jeu et imprime la luminosité de leur beauté fulgurante. L’instant magique s’est déjà écoulé que, seul, reste en éveil le souvenir des sens.
Images dorées, viendrez-vous encore vous poser sur ces endroits secrets ?