Il pleut sur mon poème – Richard Daurel

 

Il pleut sur mon poème avant que de l’écrire.

L’encre s’en est allée ainsi qu’un pâle pleur

Et les mots incertains et forgés dans la peur,

Se sont enfuis sans un seul message à vous dire.

 

Mais alors que le ciel orageux grondait d’ire,

La phrase, avant de naître, a tremblé de douleur,

Se tordant, gémissant, comme bête qui meurt,

Alors qu’un éclair blanc se ruait sur ma lyre.

 

Les frimas, dans les champs, éparpillaient les vaches.

Moi, livide, tremblant, grelottant, l’oeil hagard,

Je courus à tâtons dans le fond d’un raccard,

 

Espérant y trouver de vieux draps ou des bâches

Pour mettre mes pensées à l’abri des hivers

Qui font souffrir ma rime et gangrènent mes vers.

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