
Les pommes de terre sous réverbères
Prennent l’allure des croissants
Croissant de lune sans lumière
Par manque d’argent et de temps
Il est cinq heures, la nuit s’éveille
Coule le vin chaud de la treille.
Les glaciers deviennent patinoires
On y glisse comme sur le foie gras
Etendu des quatre battoires
Les pompiers font leur tombola
Il est cinq heures, la nuit s’éveille
Coule le vin chaud de la treille.
On voit les salariés rentrer
Tant les yeux que la tête ailleurs
Tels des mobiles de poupées
Accordées au rythme du cœur.
Il est cinq heures, la nuit s’éveille
Coule le vin chaud de la treille.
On y dédaigne du regard
Tous les marchés dits de Noël
D’ailleurs il est déjà trop tard
Pour écouter la ritournelle.
Il est cinq heures, la nuit s’éveille
Coule le vin chaud de la treille.
Rencontre des obscurités
Celle du dedans et du dehors
Cadeaux comme fatalité
L’hiver est retour au point mort.
Il est cinq heures, la nuit s’éveille
Coule le vin chaud de la treille.
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A propos du bonhomme
Né d'un père photographe et musicien et d'une mère poétesse, Jean-Marie Audrain s'est mis à écrire des poèmes et des chansons dès qu'il sut aligner 3 mots sur un buvard puis trois accords sur un instrument (piano ou guitare). À 8 ans, il rentre au Conservatoire pour étoffer sa formation musicale.
Après un bac littéraire, Jean-Marie suit un double cursus de musicologie et de philosophie à la Sorbonne.
Il se met à écrire, dès cette époque, des textes qui lui valurent la réputation d’un homme doublement spirituel passant allègrement d’un genre humoristique à un genre mystique.
Dans ses sources d’inspiration, on pourrait citer La Fontaine, Brassens et Devos.
Pendant longtemps il a refusé d’imprimer ses œuvres sur papier, étant un adepte du principe d’impermanence et méfiant envers tout ce qui est commercial.
Si vous ne retenez qu’une chose de lui, c’est que c’est une âme partageuse et disponible.
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Oui, en effet, ce cher Jacques Dutronc n’est pas loin et de là nait le litron du tronc commun. Joli poème.
Le ”Il est cinq heures, la nuit s’éveille” c’est une bonne allégorie pour notre Jacques D. incroyable…
Noël arrive à grand pas, on est déjà dedans, mine de rien… Des textes toujours très riches de prose sur une rose. Bien à toi. Patrice