Hall privé, voix publiques (ou les mésaventures d’un selfie) – Jean-Marie Audrain

Ce hall privé étant une véritable galerie des glaces protégée par Djin y code.

je me suis subrepticement immiscé derrière une châtelaine possédant son sésame.

Un fois seul dans cet antre néo-narcissique, j’en ai profité pour y immortaliser mon intrusion,

mais la rombière veillait derrière la porte multi-vitres clôturant ce Saint des Saints.

Elle m’invective très craintive : “Monsieur, pourquoi photographiez-vous mon hall? »

Je lui réponds : “Chère Madame, vous vous méprenez, le mardi c’est selfie »

Elle rétorque : « Selfie vous-même, malotru ! Etre anglais ne vous autorise pas à photographier mon hall »

Je persiste et signe lui expliquant que je me tire juste le portrait en ce lieu calme et  réverbérant.

Pas si folle, la guêpe rétorque : « En d’autres termes vous avouez que vous avez osé photographier mon hall sans me demander mon autorisation que je vous aurais bien évidemment refusée! »

Vu la puissance de sa voix, d’autres résidents descendent  et se tiennent dans l’entrebâillement de la porte multi-vitrée.

Les uns indignés, les autres gondolés (de rire).

J’ai dû leur tirer ma révérence avant que la rombière lunaire ne s’empare de mon unique et rare selfie qu’elle voulait absolument mettre en pièces ignorant tout du numérique, pièce à conviction que je vous partage en son état (grippal).  

Jean-Marie Audrain

Jean-Marie Audrain (960)

A propos du bonhomme

Né d'un père photographe et musicien et d'une mère poétesse, Jean-Marie Audrain s'est mis à écrire des poèmes et des chansons dès qu'il sut aligner 3 mots sur un buvard puis trois accords sur un instrument (piano ou guitare). À 8 ans, il rentre au Conservatoire pour étoffer sa formation musicale.
Après un bac littéraire, Jean-Marie suit un double cursus de musicologie et de philosophie à la Sorbonne.
Il se met à écrire, dès cette époque, des textes qui lui valurent la réputation d’un homme doublement spirituel passant allègrement d’un genre humoristique à un genre mystique.
Dans ses sources d’inspiration, on pourrait citer La Fontaine, Brassens et Devos.
Pendant longtemps il a refusé d’imprimer ses œuvres sur papier, étant un adepte du principe d’impermanence et méfiant envers tout ce qui est commercial.
Si vous ne retenez qu’une chose de lui, c’est que c’est une âme partageuse et disponible.

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