Je n’aurais jamais dû
Traîner dans ce coin perdu.
Poussé par un grand vent
Et l’envie d’aller de l’avant,
J’ai dû marcher trop loin
Ou trop longtemps loin du chemin.
Je suis perdu, je ne sais plus
Et j’ai beaucoup de peine.
Personne pour me guider
Dans l’immense obscurité,
Aussi vaudrait-il mieux
S’arrêter et souffler un peu.
Poussons la première porte
Car à la nuit tombée
Que le diable les emporte
Ce sont toutes les mêmes.
Quand je sors du sommeil
Rien, non vraiment plus rien n’est pareil;
Un lapin me tutoie
Et le chat me montre au doigt.
On me crie de partout
Dans les oreilles que je suis fou,
Que j’étais seigneur,
Que j’ai vendu mon cœur,
Que je suis Fou de la Reine.
On m’appelle du jardin,
Une voix me dit qu’il est matin.
Il faut que je chante une chanson
Pour éveiller toute la maison.
Et je n’ai rien à dire,
Mon rôle à moi c’est de faire rire.
Oh, quelle idée d’être obligé
De jouer les Fous de la Reine.
Je voudrais m’envoler,
Trouver le chemin de mon passé,
Mais un charme m’entraîne
Depuis que j’ose sourire à la reine.
Je ne peux plus l’oublier,
Je reste à ses côtés
Mi-prisonnier, mi-baladin,
Un peu plus chaque matin
Amoureux Fou de la Reine.
Je n’ose pas demander
Quand tout cela pourrait s’arrêter
Car une éternité
N’aura pas suffi à m’éloigner.
Prisonnier d’une passion
Et fou à perdre la raison,
Toi qui m’attends de l’autre côté,
Si tu n’as pas dû m’oublier,
Franchis le pas,
Là tu demanderas le Fou de la Reine.
©JMA

Très touchant ce poème ! Cette passion qui peut tout bouleverser dans notre vie, pour le meilleur espérons-le!
Merci pour ce partage !