Etre un oiseau – Betty Gaglione et Jean-Marie Audrain

    Dis l’oiseau ! Prête-moi tes ailes

Même si j’en deviens plus frêle

J’aimerais voir de tout là-haut

Dis l’oiseau donne-moi ta peau.

 

Je prendrai ton plus beau plumage

Atteindrai les plus gros nuages

J’aimerais si tu le permets

Être toi et tout oublier

Les soucis, les guerres, l’ennui

Tout ce qui salit aujourd’hui.

 

Je prendrai aussi ton sifflet

Pour passer mon temps à chanter

Enterrer ce qui me tracasse

Ne plus lutter pour faire face

Survoler toute la misère

Qui sur terre est une galère.

 

J’aimerais être dans les cieux

Contempler ce qu’il y a de mieux

Les trésors beautés et merveilles

La nature lorsqu’elle s’éveille

La blancheur de tous les sommets

La rivière serpentant les prés.

 

J’aimerais admirer la flore

Et la voir en multicolore

J’aimerais distinguer les bêtes

Celles qui nous cachent leurs têtes

Comme toi j’aimerais voguer

Parcourir toutes les contrées

 

Si ta vie a quelques ombrages

Le danger d’être mis en cage

Des prédateurs être pourchassé

J’aimerais quand même essayer

De partir d’un battement d’ailes

Pouvoir dire que la terre est belle.

 

On pourrait peut-être échanger

Mais mes jambes sont un peu usées

Tu ne gagnerais pas au change

Ceux d’en bas ne sont pas des anges

Et ne font jamais de cadeaux

Aux cervelles de petits moineaux.

 

Dis l’oiseau ! Prend soin de tes ailes

Tu ne saurais te passer d’elles

Sautiller voler et chanter

Sont bienfaits qu’il te faut garder.

 

 

Jean-Marie Audrain

Jean-Marie Audrain (1)

A propos du bonhomme

Né d'un père photographe et musicien et d'une mère poétesse, Jean-Marie Audrain s'est mis à écrire des poèmes et des chansons dès qu'il sut aligner 3 mots sur un buvard puis trois accords sur un instrument (piano ou guitare). À 8 ans, il rentre au Conservatoire pour étoffer sa formation musicale.
Après un bac littéraire, Jean-Marie suit un double cursus de musicologie et de philosophie à la Sorbonne.
Il se met à écrire, dès cette époque, des textes qui lui valurent la réputation d’un homme doublement spirituel passant allègrement d’un genre humoristique à un genre mystique.
Dans ses sources d’inspiration, on pourrait citer La Fontaine, Brassens et Devos.
Pendant longtemps il a refusé d’imprimer ses œuvres sur papier, étant un adepte du principe d’impermanence et méfiant envers tout ce qui est commercial.
Si vous ne retenez qu’une chose de lui, c’est que c’est une âme partageuse et disponible.

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5 Commentaires
Martyne Dubau
25 novembre 2021 18 h 30 min

Jolie composition à deux plumes !**

Alain Salvador
Membre
23 novembre 2021 18 h 37 min

Poème aussi coloré que les belles photos qui l’illustrent.