Erreurs d’aiguillage – Jean-Marie Audrain

 

 

Il ne suffit pas de dresser des voies

Encore faut-il savoir où chacune mène

Souvent, ce n’est qu’à terme que l’on voit

Qu’ayant tout construit sous un ciel de traîne

Nous avons négligé les aiguillages

Laissant notre vie décider pour nous

Parfois oublié notre huile du graissage

Nous ne parvenons jamais jusqu’au bout

De ce que nous croyons un beau voyage

Et qui ne nous menait à rien du tout.

 

 

Nous tournons en rond comme sur un manège 

Sans trappe d’accès à sa mécanique

Emportés comme notes d’un arpège

Nous avons perdu et ton et rythmique

Ayant souvent perdu même la clé

Nous nous accrochons aux chevaux de bois

Qui nous mènent comme à un rythme endiablé

Obligés de nous ceinturer parfois

Pour ne pas nous nous en faire éjecter

La roue tourne plus vite que l’on ne croit

Et il ne nous reste plus qu’à prier.

 

Redevenons tous maîtresses et maîtres

De tous nos aiguillages existentiels

Certaines voies s’enterrent sans y paraitre

Et nous projettent sur d’autres parallèles

Le cœur à ses pignons, la raison ses plateaux

Refusons d’avancer en amazones

Contrôlons les pédales du vélo

Et gardons nous d’éviter les bad zones

Redevenons aiguilleurs de nos vies

GPS pointé vers le paradis.

 

Jean-Marie Audrain

Jean-Marie Audrain (960)

A propos du bonhomme

Né d'un père photographe et musicien et d'une mère poétesse, Jean-Marie Audrain s'est mis à écrire des poèmes et des chansons dès qu'il sut aligner 3 mots sur un buvard puis trois accords sur un instrument (piano ou guitare). À 8 ans, il rentre au Conservatoire pour étoffer sa formation musicale.
Après un bac littéraire, Jean-Marie suit un double cursus de musicologie et de philosophie à la Sorbonne.
Il se met à écrire, dès cette époque, des textes qui lui valurent la réputation d’un homme doublement spirituel passant allègrement d’un genre humoristique à un genre mystique.
Dans ses sources d’inspiration, on pourrait citer La Fontaine, Brassens et Devos.
Pendant longtemps il a refusé d’imprimer ses œuvres sur papier, étant un adepte du principe d’impermanence et méfiant envers tout ce qui est commercial.
Si vous ne retenez qu’une chose de lui, c’est que c’est une âme partageuse et disponible.

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voulzijeanne
Invité
voulzijeanne
19 septembre 2024 5 h 58 min

Bonjour Poète,aiguilleur du ciel ,l’avion est piloté en magie, juste pour s’envoler vers le Paradis, bon c’est sûr j’ai une passion féroce pour les avions, et toi pour les trains,manèges, vélo etc, mais peu importe ,ce qui est important c’est de garder sa voie ,la voie de Dieu qui est en merveilleux, j’adore ta poésie comme tout ce que tu écris ,et aucune erreur d’aiguillage hein, la destination devrait ^tre atteinte sans ombrage, bon Jeudi Poète et merci pour cette poésie, à bientôt.

Solene Maillard
Membre
18 septembre 2024 19 h 37 min

Cher Jean-Marie

Une métaphore filée : le chemin de vie
Jean-Marie vous nous invitez ici à une profonde introspection sur le parcours existentiel, à travers la métaphore habilement construite du chemin de fer.

Les voies ferrées symbolisent les choix de vie, les aiguillages représentant les moments cruciaux où l’on décide de notre direction.

Un constat amer : la perte de contrôle
Jean-Marie, vous dénoncez avec une certaine amertume notre tendance à nous laisser porter par le courant de la vie, à négliger les décisions importantes.

Les images de la roue qui tourne sans cesse, du manège infernal, soulignent cette sensation d’impuissance face à un destin qui nous échappe.

Une invitation à reprendre les rênes
Cependant, le ton du poème évolue progressivement vers une note d’espoir.

Vous exhortez chacun à reprendre les commandes de sa propre vie, à devenir le maître de ses aiguillages.

Vous appellez à une prise de conscience de nos responsabilités, à une lucidité face aux choix qui s’offrent à nous.

Une écriture riche et imagée
Votre style Jean-Marie est marqué par une grande richesse lexicale et une construction méticuleuse des phrases.

Les images sont précises et évoquent des sensations fortes : le ciel de traîne, l’huile du graissage, les chevaux de bois…

Le rythme du poème, soutenu par des allitérations et des assonances, renforce l’impact émotionnel du texte.

Une réflexion universelle

Au-delà de la métaphore du chemin de fer, ce poème aborde des questions fondamentales sur le sens de la vie, la liberté individuelle, le destin.

Vous invitez chacun à se questionner sur ses propres choix, à redéfinir ses priorités et à tracer sa propre voie.
En conclusion

Votrz poème Jean-Marie est une invitation à la réflexion, une invitation à prendre conscience de notre pouvoir d’agir sur notre propre existence.

Merci beaucoup.
Soleil à vous ☀️
Solene🌹

C’est une œuvre riche et nuancée, qui mérite d’être lue et relue.

Louradour Cécile
Invité
Louradour Cécile
18 septembre 2024 19 h 24 min

Tourner en rond nous enferme.Merci pour ce texte qui nous fait méditer.

Chausson Maud
Invité
Chausson Maud
18 septembre 2024 17 h 46 min

Que dire de ce nouveau très beau poème ? Que nous ne sommes pas grand chose devant le Maître de l’univers. Le manège nous emmène dans un rthymne effréné vers des cieux bleus. Ta poésie nous enchanté chaque fois. Je m’émerveille à chaque fois. Et ne me lasse jamais de ta poésie. Mon poète.

Annick du Patys
Invité
Annick du Patys
18 septembre 2024 12 h 19 min

Beau texte qui reflète bien la réalité. A nous de prendre notre vie en mains.

Chausson Maud
Invité
Chausson Maud
18 septembre 2024 11 h 06 min

Très beau poème encore. Mon ami. Ton idée d’aiguilles est une bonne idée. Effectivement. A nous d’être maîtres de notre destin. Ce n’est pas toujours facile. Mais bon. Il faut essayer quand même. Cela en vaut la peine. Ne t’arrêtes pas d’écrire. Maud. Les aiguilleurs du ciel.

Anne-Marie Hébert
18 septembre 2024 10 h 35 min

Vouloir tout contrôler pas peur de se perdre. Être passager du train, Être chauffeur du train, Être aiguilleur du train, tout ça en même temps…
Perso ce qui m’importe le plus est d’être dans le bon train. Âpres tout va bien car on est assuré du voyage