LXVI – Du coté des sans nouvelles
Que reste-t-il de nos vacances ? De nos soirées, de nos banquets ?
De celles et ceux avec qui nous avons festoyé et ri ? De celles et ceux avec qui nous avons chanté dans les cafés ou sur les plages ? De celles et ceux qui faisaient partie de la famille tant ils en étaient proches ?
Que reste-t-il de nos promesses, de nos accords, de nos serments ?
De celles et ceux avec qui l’on disait ou pensait « c’est pour la vie ».
A l’avis, à l’amor, l’amour les a fait changer d’avis…et de trottoir.
A l’an prochain si tout va bien. Cet an est venu, mais sans ces amis, rien n’allait vraiment bien.
Certes cela donne davantage de prix aux épargnés des tornades d’indifférence et des tsunamis d’oubli. Mais leur trace demeure en creux dans le sable de la mémoire affective.
Ali est-il reparti en Kabylie avec sa Yamaha tous terrains ? Continue-t-il à s’en servir pour aller faire des prises de sang sauvages ? Demande-t-il toujours aux jolies filles dans le métro de lui donner deux petits renseignements sur un papier par lui prérempli : Prénom et téléphone ?
Jean-Luc chante-t-il toujours du Dutronc et du Polnareff dans les cafés accompagné de sa guitare ?
Didier, pseudo Pingouin, a-t-il remplacé sa CB par Tik Tok ?
Catherine a-t-elle rencontré un autre baladin, nom qu’elle me donnait, pour l’accompagner à la guitare où au piano quand elle chante ?
Sur chaque visage, des questions me viennent. Déjà plusieurs amis ont passé l’arme à gauche et c’est cruel de ne pas savoir jusqu’où en allonger la funèbre liste.
Se souvenir des gens qu’on a aimés et souhaiter les revoir et parler avec eux, quoi de plus humain?
Oui, moi je me souviens de tous les chevelus rue de la soif à dinan qui disaient qu’ils feraient le tour du monde et qui20ans après disaient la même chose assis sur la même chaise.