Dernier bal – JP Innocenzi

  

Malgré la piste petite et sale

Eblouissante de lumières et de gens

Si vous voulez entrer dans le bal

Dans la fente mettez dix francs

 

Regardez cette belle cavale

Aux gestes lents et excitants

Si vous voulez entrer dans le bal

Dans la fente mettez dix francs

 

La vie est une cannibale

Mangeant votre chair buvant votre sang

Si vous voulez entrer dans le bal

Dans la fente mettez dix francs

 

Vous qui n’avez ni foyer ni compagne

Vous qui cherchez à prendre du bon temps

Ici à tous les coups l’on gagne

Dans la fente mettez dix francs

 

Cent yeux, cent mains, cent odeurs

Là sont les femmes, là est le vin et le bonheur

 

Les dix francs sont bien tombés

Dans la jolie boite à musique

Et sur les rythmes syncopés

Tout, oui tout devient magique

 

Les corps se collent contre les corps

Dans des mouvements érotiques

La sueur coule par tous les pores

Sous l’effet de la musique

 

Des bras s’agrippent à votre cou

Dans des vapeurs alcooliques

Affreux délices de Capoue

Sublimés par la musique

 

 

DERNIER BAL (page deux)

 

La belle danseuse vous sourit

Et son sourire est lubrique

Tout est possible cette nuit

Sous l’effet de la musique

 

Cent yeux, cent mains, cent atours,

Là sont les femmes, là est le vin, là est l’amour

 

Dans la fente mettez dix francs

Pour danser les bacchanales

Dans la fente mettez dix francs

Si vous voulez entrer dans le bal

 

Oui là sont les femmes publiques

Monnayant leurs jolis corps

Oui là sont les femmes ludiques

Aux immenses yeux morts

 

Leurs mains comme des serres

Crochent dans votre corps fatigué

Hideuses goules elles s’affairent

Et vous dépècent par quartiers

 

Tout tangue et devient flou

Sur cette piste maudite

Vous en avez eu pour vos sous

Mais à présent faut qu’on acquitte

 

Le prix dû à Satan

Ce démon qui jamais ne quitte

Les imprudents mettant dix francs

Dans la jolie boite à musique

 

Cent yeux, cent mains, cent corps,

Là sont les femmes, là est le vin, là est la mort.

 

  1. P INNOCENZI (2000)

                                                                 (Inspiré de l’œuvre de F. ROPS)                                                   

 

 

 

Jean-Paul Innocenzi

Jean-Paul Innocenzi (10)

Bonjour,
Je viens me présenter à vous bien qu'il n'y ait pas grand chose à dire. Dans trois jours j'aurais 76 ans. Après une carrière dans la fonction publique où je ne me suis épanoui, mais bon! qu'y faire? J'ai commencé à écrire à la mort de Brassens d'où "A Georges" . Par la suite j'ai continué à écrire des textes que je n'ose appeler poèmes, des nouvelles, des sketch, mais qui souvent, vu mon âge, ne sont d'actualités. Pour occuper ma retraite, je fais un peu de sport (3 fois par semaine), je lis, j'écoute mes chanteurs préférés qui sont outre Brassens, Ferrat, Chelon, Escudero, Leclerc, Montand, Aznavour,Mouloudji, Lemarque, comme vous le voyez je ne suis guère de mon temps, mais je les écoutais déjà lorsque j'avais 20 ans, je n'étais pas "yéyé", en fait je n'étais pas de mon époque, je ne le suis toujours pas. J'espère pouvoir vous faire partager mon univers sur ce site.
Cordialement à tous

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Gérard Lepoutre
10 janvier 2026 12 h 52 min

Bonjour Jean-Paul,

Tout de suite, là, je pense à une poésie Baudelairienne.
“Dix francs,” le plaisir destiné aux paumés, “aux sans foyer, ni compagne…”
“La vie est une cannibale,” lentement, inexorablement, elle nous avale, nous engloutit.
“Mettez dix francs dans… la Fente pour accéder aux paradis illusoires, à des besoins vitaux destructeurs.

Cordialement.
G.L.