De l’hospitalité – Jean-Marie Audrain

   Nous fêtions le 25 juin un double anniversaire : celui du dépôt il y a 60 ans de la thèse de Louis Massignon, Le Diwan d’al-Hallâj,  et celui du martyr de ce maître du soufisme, poète et philosophe, Hallaj, décapité et crucifié en 922 pour sa foi trop tolérante, trop bienveillante !

On lui doit notamment cette citation qui s’est répandue comme la trainée de poudre l’ayant conduit au martyre : « Sache que judaïsme, christianisme et islam, comme les autres religions, ne sont que dénomination et appellation, le but recherché à travers elles jamais ne varie, ni ne change. » Sa fréquentation des bouddhistes et des penseurs indiens a abouti à un anathème et à une fatwa. Tout comme Jésus, il fut flagellé, supplicié puis, ; sitôt cloué sur la croix, Hallâj s’écria « Pardonne-leur ! Car si Tu leur avais dévoilé ce que Tu m’as dévoilé, ils n’eussent pas agi comme ils ont agi ». Décapité, sa tête fut exposée dans le musée de fortes têtes du calife.

Pionnier dans la conciliation de la mystique et de la raison, Hallaj a touché Louis Massignon et des siècles de soufis, de chrétiens et de bouddhistes par son sens aigu de l’hospitalité. Celui-ci avait déclaré « Te rendre proche de ton frère ce n’est pas l’indexer mais faire de toi son hôte ».

De même qu’Hallaj beaucoup parlé d’amour et d’unité dans l’union de l’âme avec Dieu, il applique aussi cet amour et cette unité avec ses frères sont il se fait hôte.

Catholique par sa mère, parti en guerre an 1914 puis au Mahgreb avec Charles de Foucault, Louis Massignon avait perdu la foi. C’est la lecture d’Hallâj qui l’a ramené par la croix à la foi chrétienne !

Toute sa vie il a enseigné dans l’esprit d’hospitalité, d’unité d’Hallâj :

«Sache que judaïsme, christianisme et islam, comme les autres religions, ne sont que dénomination et appellation, le but recherché à travers elles jamais ne varie, ni ne change.».

 

Jean-Marie Audrain

Jean-Marie Audrain (960)

A propos du bonhomme

Né d'un père photographe et musicien et d'une mère poétesse, Jean-Marie Audrain s'est mis à écrire des poèmes et des chansons dès qu'il sut aligner 3 mots sur un buvard puis trois accords sur un instrument (piano ou guitare). À 8 ans, il rentre au Conservatoire pour étoffer sa formation musicale.
Après un bac littéraire, Jean-Marie suit un double cursus de musicologie et de philosophie à la Sorbonne.
Il se met à écrire, dès cette époque, des textes qui lui valurent la réputation d’un homme doublement spirituel passant allègrement d’un genre humoristique à un genre mystique.
Dans ses sources d’inspiration, on pourrait citer La Fontaine, Brassens et Devos.
Pendant longtemps il a refusé d’imprimer ses œuvres sur papier, étant un adepte du principe d’impermanence et méfiant envers tout ce qui est commercial.
Si vous ne retenez qu’une chose de lui, c’est que c’est une âme partageuse et disponible.

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