COUP DE THEATRE ANTIQUE – Jeanmarime

Ce texte met en scène un épisode véridique de celui qu’on appelait le Philosophe.

Cela lui valut d’être interdit de lecture jusqu’à aujourd’hui dans plusieurs Lycées fidèles à  Maïmonide qui prononça l’anathème en découvrant cette révélation.

  Le maître se faisait âgé, mais tous avaient honoré de leur présence sa mystérieuse invitation.

Le ton de la missive personnalisée tenait réellement de la convocation. Le célébrissime penseur avait voulu rassembler tous ceux qui le fréquentaient depuis la création de son Lycée et qu’il appelait, à présent, ses amis.

Aujourd’hui, à l’Agora, les esprits étaient en alerte :

le grand Aristote lui-même devait leur faire la révélation de sa vie !

Chacun s’était paré de sa toge la plus luxueuse par respect pour l’auteur des meilleurs traités de physique, métaphysique, biologie ou morale.

D’aucuns émettaient déjà des hypothèses sur la teneur de ce coup d’éclat annoncé.

Le Philosophe n’avait-il pas déjà bouleversé la conception de l’univers ?

Pour certains, les investigations de ce cerveau hors normes pouvaient même constituer une menace.

Lorsqu’Aristote fit son apparition, simplement drapé de blanc, le silence s’imposa.

De son regard sagace, il fixa chaque place par une lente rotation de la tête qui parut interminable.

Enfin, de sa voix magistrale, l’orateur apostropha :

“ Mes amis… ”, puis, avec une émotion non masquée, il reprit :

“ Mes amis, la vérité que je dois vous révéler me pèse infiniment… mais elle a le mérite d’être brève.

Mes amis, oui, mes amis… il n’y a pas d’amis ! ”.

Le Philosophe quitta aussitôt l’estrade de porphyre et disparut alors que, de toutes parts, naissait un sourd grondement et que les faces se décomposaient.

 

Jean-Marie Audrain

Jean-Marie Audrain (970)

A propos du bonhomme

Né d'un père photographe et musicien et d'une mère poétesse, Jean-Marie Audrain s'est mis à écrire des poèmes et des chansons dès qu'il sut aligner 3 mots sur un buvard puis trois accords sur un instrument (piano ou guitare). À 8 ans, il rentre au Conservatoire pour étoffer sa formation musicale.
Après un bac littéraire, Jean-Marie suit un double cursus de musicologie et de philosophie à la Sorbonne.
Il se met à écrire, dès cette époque, des textes qui lui valurent la réputation d’un homme doublement spirituel passant allègrement d’un genre humoristique à un genre mystique.
Dans ses sources d’inspiration, on pourrait citer La Fontaine, Brassens et Devos.
Pendant longtemps il a refusé d’imprimer ses œuvres sur papier, étant un adepte du principe d’impermanence et méfiant envers tout ce qui est commercial.
Si vous ne retenez qu’une chose de lui, c’est que c’est une âme partageuse et disponible.

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Anne Cailloux
7 août 2017 9 h 47 min

La représentation la plus décriée pour une apparition des plus brève. Juste comme il faut !