Couc c’est l’amour ? – Jean-Marie Audrain

 

P’tit fleur fanée   
P’tit’ fleur aimée
Di à moin toujours

Couc c’est l’amour

 

A chaque fois que j’entends ce refrain réunionnais, sa finale résonne en moi comme une question essentielle : Qu’est-ce que l’amour ? Dans son « Banquet », Platon à mis en scène un échange entre hommes à ce sujet. Comme tout bon ouvrage de philosophie, sa valeur réside davantage dans la question que dans l’enchevêtrement des réponses.

C’est une réponse que j’aurais envie de mendier, main tendue, au coin des rues :

Couc c’est l’amour ?

Quand on me pose la question, j’ai tendance à visualiser une pyramide des sentiments. A la base, comme socle j’y vois l’amitié fraternelle. Car si j’y mets l’amour passion, comme tout ce qui est excessif, cet affect devient vite réversible.

Je t’aime moi mon plus. L’amour fou est un amour bancal qui peut chavirer et se muer en folle haine.

Couc c’est l’amour ?

Immanquablement il faut aimer tout de l’autre à commencer par son apparence, principalement son visage. Mais cela n’apporte pas la réponse à la nature de l’amour.

Ce qui est sûr, c’est qu’il vient d’en haut ! Mis à part dans cette devinette éloquente :

Question :Pourquoi une fille baisse t-elle les yeux quand un garçon lui dit Je t’aime ?

Réponse : Pour voir s’il dit vrai

Réponse temporaire me concernant :   On ne voit bien et n’aime bien qu’avec le cœur.

Jean-Marie Audrain

Jean-Marie Audrain (978)

A propos du bonhomme

Né d'un père photographe et musicien et d'une mère poétesse, Jean-Marie Audrain s'est mis à écrire des poèmes et des chansons dès qu'il sut aligner 3 mots sur un buvard puis trois accords sur un instrument (piano ou guitare). À 8 ans, il rentre au Conservatoire pour étoffer sa formation musicale.
Après un bac littéraire, Jean-Marie suit un double cursus de musicologie et de philosophie à la Sorbonne.
Il se met à écrire, dès cette époque, des textes qui lui valurent la réputation d’un homme doublement spirituel passant allègrement d’un genre humoristique à un genre mystique.
Dans ses sources d’inspiration, on pourrait citer La Fontaine, Brassens et Devos.
Pendant longtemps il a refusé d’imprimer ses œuvres sur papier, étant un adepte du principe d’impermanence et méfiant envers tout ce qui est commercial.
Si vous ne retenez qu’une chose de lui, c’est que c’est une âme partageuse et disponible.

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