Hier, nous avons abordé avec Jung la question du mal sous sa forme principalement morale. Nous allons poursuivre sur le thème du mal-être, du mal ressenti aux niveaux physique, psychologique et spirituel.

La question que beaucoup d’entre nous nous posons peut se formuler ainsi : pourquoi rencontrons-nous tant de personnes installées durablement en situation de mal être à une époque où des maraudes proposent des logements et des repas aux SDF, où les psychologues sont consultables gratuitement en CMPP, où internet prétend proposer une solution à tout mal-être psychique ou spirituel etc.
Quel que soit le niveau du mal-être, il existe des réponses communes pour expliquer sa persistance. Avec la durée, on finit par laisser ce mal-être imbiber notre personnalité jusqu’à nous y identifier. Serais-je le même sans ce carton et cette couverture de survie qui sont devenus mon lit quotidien ?
Serais-je la même sans ce questionnement permanent sur le qui suis-je et que fais-je là ? Serions-nous les mêmes sans notre penchant à fouiner dans toutes les mouvances qui se disent spirituelles qu’elles soient new age ou ésotériques ?
En allant plus loin nous rencontrons un autre obstacle majeur : la personne en situation de mal être se pose, souvent à son insu, en juge et partie : elle voudrait décider elle-même par qui, par quoi, quand et comment elle voudrait être aidée. Cela fait barrage à bon nombre de propositions salutaires. Dans ce pare-feu se même du psychologique et du spirituel.
Un part de résignation et une part d’orgueil. Je me complais dans mon mal être et je saurai très bien m’en sortir par moi-même, quitte à, plus tard, choisir par qui, par quoi, quand et comment.
