Les nouvelles lunettes à verres sans monture sont aussi élégantes que dangereuses ; dangereuses parce que les verres se font oublier.
Du moins, remarque-t-on à peine celle des autres, mais les nôtres, nous les oublions bien volontiers tant qu’elles sont invisibles et translucides à souhait.
Dans la vie, chacun regarde autrui non seulement de sa fenêtre, comme le rappelle une pensée de Pascal, mais avec ce genre de lunettes. Celles qui se font oublier. Chez l’adulte, aucune vision n’est semblable à celle du bébé qui accueille sans pré-jugé ni pré-vision ce qui se présente à ses yeux. Pour lui, tout est neuf et naturellement beau.


A chacun de prendre conscience du type de verres qu’il porte et lui font voir le monde avec des filtres plus ou moins gris ou plus ou moins roses… Roses pour cette femme que je vois comme mon idole avec sa vie de star en rose, gris pour ces SDF qui dépareillent nos rues par leur grises mines.
Vu que nous ne sommes plus des bébés, à chacune et à chacun de désirer, ou non, régénérer l’innocence et l’émerveillement de son regard, de prendre parti et de faire le pari de voir le meilleur en chaque chose, en chaque personne, voire en chaque événement.
Pour garder le parallèle, disons que qu’opter pour des montures de lunettes plus voyantes ne changera pas la donne, car encore faut-il premièrement donner sa préférence à de nouveaux verres, à des verres progressifs, que je nommerais bien volontiers des vers positifs. Des verres positivement progressifs.
Comme l’orthoptie permet de rénover son regard, de rajeunir ses yeux,
appliquons-nous à l’orthoptie du cœur et de l’esprit, avec ces verres positivement progressifs de la bienveillance et de la compassion.