A toi, petit oiseau sans cerveau ! – Rémi Guillet

Toi qui te contentes de quelques fines brisures de blé ukrainien

Toi qui te contentes de quelques rognures de riz vietnamien

Toi qui te contentes de quelques grains de millet indien ou sénégalais

Toi qui te contentes de quelques miettes du bon pain français …

 

Sais-tu les horreurs inventées par les hominidés

Qui ne savent s’arrêter de s’agiter

Ne savent prendre un temps pour méditer

Sur leur collective activité

 

Sais-tu que chez eux, il y a l’argent

Il y a les insignifiants maintenant qualifiés outrageusement de “sans-dents”

Bien sûr, pas si sûr, pour toi qui n’a qu’un bec

Pour quasiment tout faire avec !

 

Sais-tu que chez eux certains sont très très puissants

Et après un rêve délirant

Pour tous, de la guerre décidant

Sont incapables de l’arrêter, leur honneur étant, croient-ils, bafoué !

 

Tout cela ne te semble-t-il pas ahurissant

Autant pour toi que pour le ver luisant ?

Alors, à cet hominidé peut-être manque-t-il tes ailes, petit oiseau sans cerveau pour voir tout cela d’un peu plus haut, au moins un instant, de temps en temps !

Tout comme le goéland, faisant face au vent, humant cet air le portant, venant droit l’océan…

 

Pour terminer ce petit texte à toi dédié, mon petit oiseau bien aimé

Sache me pardonner, moi qui viens crois-tu de te malmener, en vérité de t’honorer

Pour ton cerveau que tu as simplement su garder, immaculé

Tel que Dieu, un jour, pour toi, l’a imaginé…

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Anne Cailloux
18 octobre 2023 7 h 31 min

Lui qui a parfois les ailes colés à la glue,
Le roi de l’océan qui fini en etuit à cigarette selon Baudelaire et j’en passe, eux comme nous, en trépassent.
Bel écrit.