Toi qui te contentes de quelques fines brisures de blé ukrainien
Toi qui te contentes de quelques rognures de riz vietnamien
Toi qui te contentes de quelques grains de millet indien ou sénégalais
Toi qui te contentes de quelques miettes du bon pain français …
Sais-tu les horreurs inventées par les hominidés
Qui ne savent s’arrêter de s’agiter
Ne savent prendre un temps pour méditer
Sur leur collective activité
Sais-tu que chez eux, il y a l’argent
Il y a les insignifiants maintenant qualifiés outrageusement de “sans-dents”
Bien sûr, pas si sûr, pour toi qui n’a qu’un bec
Pour quasiment tout faire avec !
Sais-tu que chez eux certains sont très très puissants
Et après un rêve délirant
Pour tous, de la guerre décidant
Sont incapables de l’arrêter, leur honneur étant, croient-ils, bafoué !
Tout cela ne te semble-t-il pas ahurissant
Autant pour toi que pour le ver luisant ?
Alors, à cet hominidé peut-être manque-t-il tes ailes, petit oiseau sans cerveau pour voir tout cela d’un peu plus haut, au moins un instant, de temps en temps !
Tout comme le goéland, faisant face au vent, humant cet air le portant, venant droit l’océan…
Pour terminer ce petit texte à toi dédié, mon petit oiseau bien aimé
Sache me pardonner, moi qui viens crois-tu de te malmener, en vérité de t’honorer
Pour ton cerveau que tu as simplement su garder, immaculé
Tel que Dieu, un jour, pour toi, l’a imaginé…
Lui qui a parfois les ailes colés à la glue,
Le roi de l’océan qui fini en etuit à cigarette selon Baudelaire et j’en passe, eux comme nous, en trépassent.
Bel écrit.