“Suzanne et Bernadette.” – Odile Stonham

Aujourd’hui dimanche 1er mars, mes deux grands-mères étaient à l’honneur car c’était leur jour. Aussi, avant que ce dernier prenne fin, je viens leur souhaiter à toutes les deux une bonne fête.

Elles sont parties depuis longtemps déjà mais je ne les oublie pas. J’avais onze ans passés quand la première s’en est allée vers un monde meilleur, après avoir longtemps souffert d’une méchante maladie. Elle n’avait que soixante-et-onze ans.

La seconde nous a quittés l’année de mon mariage. Alors que nous célébrions en famille le Nouvel An, elle s’est fait renverser par un chauffard alors qu’elle traversait la route sur un passage piéton.

Elle est décédée quelques mois avant mon anniversaire et était âgée de soixante-seize ans. Avec mon futur mari, nous l’avions invitée mais le Destin en a voulu autrement…

Elles s’appelaient Suzanne et Bernadette et comme c’est l’usage, car je suis la première fille de Papa et Maman, je porte leurs prénoms. Et sans me vanter, j’en suis fière car je les aime beaucoup comme mes deux grands-mères d’ailleurs.

La première chose à laquelle je pense quand j’évoque la maman de mon père, c’est sa chevelure. Comme son fils et moi, elle avait les cheveux épais. De plus, ils étaient d’un joli blanc et cela me faisait penser à de la neige.

Avec un peu de chance, peut-être serai-je comme elle quand je serai plus âgée. Qui sait ?

Pour la maman de ma mère, je ne pense à rien de particulier à part peut-être une certaine photo en noir et blanc. Je dirai même deux. Mémé est avec Pépé et, ensemble, ils regardent l’appareil dirigé sur eux.

Ils sont très sérieux mais leurs yeux semblent être remplis de malice. Ce n’est qu’en regardant le second cliché que nous voyons que l’on ne s’est pas trompé : mes deux grands-parents maternels sont écroulés de rire.

Tout simplement ! Je n’ai jamais su la raison de cette bonne humeur, c’est dommage. Car je pense que si je la connaissais, je rirais de bon coeur moi aussi.

D’autres souvenirs sont dans ma tête et comme les autres qui se sont ajoutés au fil des années, ils y resteront aussi dans mon coeur. A jamais.

Beaucoup d’années ont passé et à mon tour, je suis devenue moi-même grand-mère. Alors que les miennes étaient appelées “Mémé”, je suis “Mamie” pour Alexander et Ethan. Je ne les vois pas beaucoup pour diverses raisons, décrites dans mes précédents textes et poésies.

Mais j’espère de tout coeur que cela s’arrangera avec le temps et qu’enfin, je pourrai jouer mon rôle de mamie une fois pour toutes;

 

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