
Le ciel plombait la ville à l’instar d’un carcan,
Idéal horizon pour scène de Calvaire,
Où l’ivrogne, le soir, saoul comme à l’ordinaire,
Fuyait en oubliant sa boisson sur le banc.
C’était un de ces temps lourd de crainte et d’angoisse,
A perdre tout envie de croire et d’espérer,
Où l’homme, dans le noir, ne peut se repérer,
Ni trouver son chemin, son gîte ou sa paroisse.
Et les nuées pesaient comme un épais magma
Sur les toits dévorés par l’appétit des mousses;
Les étoiles mourraient parmi les lunes rousses
Au dessus des vapeurs grasses comme un plasma.
Sur les trottoirs déserts parsemés de décombres,
S’élevaient des relents de caves et d’égouts;
D’un soupirail montaient des senteurs de ragouts;
Seule, la vie secrète était celle des ombres.