Souvenirs – Fabrice Ruffin

J’ avançais cette nuit d’ hiver dans

la rue déserte, mes souvenirs devant moi,

mon avenir derrière. Je les attrapais ces souvenirs,

je les voulais toujours mien, je les martelais de ma mémoire

comme pour les changer, comme pour apaiser les regrets d’ un

passé trop fait de non dits et de vulgaires politesses. J’ avançais toujours

cette nuit, la route bordée d’ arbres hiératiques comme frémissant de froid

avec leurs rameaux poudreux. J’ allumais alors une cigarette pour continuer de me

bruler les lèvres quand la mémoire consumait déjà mes pensées à venir.

 

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