
ô Nuit, doux paradis d’étoiles et de Lune
Dont les ténèbres font le bonheur des vivants,
L’espérance des morts, le plaisir des amants,
Toi qui ne connais point ni haine ni rancune!
Dans ton silence lourd, vainqueur de l’infortune,
Tes heures inconnues s’évaporent du temps,
Dans des trouées de ciel parcourues de grands vents,
Avec l’éternité pour amie de Neptune!
Tes ténèbres sont pleins de racines profondes
Qui fouillent dans les maux, apaisent les douleurs
Avec l’onguent des joies, la crème des ferveurs;
Car tu es le ferment des âmes vagabondes
Qui aiment les senteurs d’un souffle inexploré,
Les rumeurs du silence et du rêve ignoré.