Nouveaux épisodes de ma vie. (suite 5ème partie) – Odile Stronham

 

Le groupe auquel j’ai participé était composé de onze femmes, moi comprise. J’étais la seule à venir de l’extérieur et par conséquent, je ne connaissais personne excepté les deux formatrices ainsi qu’une autre jeune femme travaillant également pour l’association mentionnée ci-dessus.

 

La formation avait lieu du lundi au vendredi, le matin et l’après-midi. Je mangeais donc sur place en compagnie de deux jeunes femmes qui ne rentraient pas chez elles le midi et avec qui je m’entendais très bien sans oublier le restant du groupe.

En écoutant toutes ces femmes se présenter le premier jour et ensuite évoquer leur projet, je me suis sentie différente. A titre d’exemple, une voulait faire une formation dans le ménage ; une autre désirait travailler dans le domaine de la boucherie…

Pourquoi pas après tout ! Quand cela a été mon tour, toutes m’ont écoutée avec grande attention ainsi que mes futures formatrices. Il me semble me rappeler que quelques unes ont posé des questions, notamment ce fameux : pourquoi ce projet ?

Je leur ai donc donné l’argument cité au début de ce texte. Elles ont trouvé que c’était une bonne idée.

Les différentes activités effectuées au milieu de ce groupe ont changé mon quotidien. De même que divers thèmes étudiés tels que l’équilibre alimentaire, la santé, entre autres…

Je me souviens d’un jour où nous avons étudié l’informatique. Une des participantes n’avait jamais touché à un ordinateur de sa vie et ne savait pas comment tenir la souris. De mon côté, j’avais appris la base avec mes deux fils, et cette fameuse souris, je savais comment la prendre. il n’y avait donc aucun problème pour moi.

Ce qui n’était pas le cas pour la pauvre malheureuse. Pour la mettre à l’aise, car je comprenais fort bien son problème, je lui ai dit qu’elle n’avait rien à craindre, que la souris n’allait pas la manger.

Ma phrase a aussitôt déclenché un fou rire général dans la pièce, elle y compris. Soulagée, elle a attrapé la souris et a suivi sans problème les instructions qui lui ont été données.

Cette session d’élaboration de projet était prévue pour une durée de cinq mois : de septembre à janvier. Malheureusement, je ne suis pas allée jusqu’au bout pour des raisons de santé.

En effet, lors d’une mammographie de contrôle annuel, il m’a été trouvé des micro calcifications dans le sein gauche et j’ai eu le choix : soit on me les enlevait et je faisais ce qu’il fallait, à savoir des séances de chimiothérapie suivies d’un traitement médicamenteux pendant cinq ans.

Soit je continuais à faire des examens réguliers pour contrôler l’évolution de ces dites micro calcifications. Je n’ai pas hésité : j’ai choisi l’opération.

C’est donc avec tristesse que j’ai quitté ce groupe avant les fêtes de fin d’année. Je m’étais fait des amies avec quelques unes des participantes et je savais d’avance que jamais je ne les reverrai.

Une chose cependant m’a consolée. Ce sont les paroles d’une de mes formatrices me proposant de continuer ma formation individuellement une fois mon traitement terminé.

Cela m’a fait chaud au coeur de même que toutes les paroles réconfortantes dites autour de moi. Tout le monde s’y était mis : aussi bien les femmes du groupe, excepté une, et le personnel de l’association.

Ces gestes, ces paroles, je ne les oublierai jamais et en fin d’après-midi, je prenais une dernière fois le train en me disant que la partie n’était pas finie et que j’avais encore beaucoup de choses à faire pour les personnes aveugles.

 

@ Tous droits réservés.

 

Odile Stonham

Odile Stonham (280)

Bonjour,
Je m'appelle Odile et j'ai soixante-et-un ans. Je vis en Normandie, particulièrement dans le Calvados. Je suis mariée et j'ai deux grands enfants dont l'un m'a donné la joie d'être grand-mère de deux petits bonshommes : Ethan et Alexander.
J'ai commencé à écrire des poèmes à l'âge de seize ans et cela m'a beaucoup plu. Puis, petit à petit, j'ai continué à en faire. Etant sentimentale de nature, cela y a peut-être contribué. je ne sais pas. Mes sujets sont variés. Je les prends comme ils me viennent.

S’abonner
Notification pour
guest
0 Commentaires
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires