
Avant de rencontrer C., j’avais fait la connaissance d’une jeune femme elle-même non-voyante par l’intermédiaire d’une association pour personnes handicapées visuelles.
Au début, nous avons échangé des courriers et un jour elle m’a parlé d’un travail qu’elle avait effectué pour l’office de tourisme de sa ville. Cela allait à des restaurants en passant par des crêperies, entre autres.
De mon côté, j’ai évoqué mon projet et cela l’a intéressé. Elle a ensuite ajouté qu’elle possédait le matériel adéquat pour effectuer les transcriptions de menus. Je n’en revenais pas, j’étais sur un petit nuage et je croyais de plus en plus à mon objectif.
L’enthousiasme et la bonne humeur de ma nouvelle amie ont captivé la personne que j’étais et j’ai alors commencé à faire des recherches sur le Web. Possédant un ordinateur depuis peu, j’ai surfé à droite et à gauche afin de trouver des restaurateurs susceptibles d’avoir ces dits-menus.
En faisant ces démarches, je me suis surpriseà les effectuer de façon directe. Moi qui suis plutôt de nature réservée, j’ai foncé la tête la première et cela a été positif.
J. et moi avons été récompensées de notre audace quelque temps après. Un restaurateur, d’un autre département voisin du mien, a lu ma proposition et s’est mis en contact avec moi par mail.
Je lui ai répondu de la même façon en lui expliquant les différentes étapes que ses futurs menus allaient avoir. Quelques semaines après, il recevait ces derniers transcrits par J.
Mine de rien, cela faisait déjà trois restaurants au compteur. Je pensais que cela allait continuer, que d’autres établissements auraient fait appel à nos services J. et moi mais cela n’a pas été le cas. Car ce n’était pas seulement les restaurants qui étaient concernés mais aussi tous les endroits où l’on mange : crêperie, brasserie…
Pour celle-ci, j’ai failli avoir une réponse affirmative. Mais cela ne s’est pas fait car entre temps, le propriétaire avait déménagé de façon inattendue et son remplaçant ne voulait pas de menus dans l’écriture en relief.
Des mois se sont encore passés et j’arrive, peu à peu, à la conclusion de mon histoire. Aujourd’hui, si je peux sans problème, taper le mot “fin” avec le clavier de mon ordinateur, il n’en a pas été de même il y a encore quelques années.
Au début des années 2000, une association a été créée pour le tourisme des personnes handicapées. Elle existe toujours et regroupe quatre labels pour chaque catégorie : auditif, mental, moteur et visuel.
Quand j’ai appris cela, je me suis aussitôt connectée sur le site “Tourisme et Handicap” afin d’en savoir plus car cela m’intéressait beaucoup. Je pensais, en effet, que mes chances d’avoir des menus à transcrire seraient nombreuses et par curiosité, je voulais voir s’il y avait des endroits dans ma région susceptibles d’en avoir.
J’ai vite déchanté car, dans le domaine du handicap visuel, aucun menu en braille ne figurait parmi les prestations proposées par les restaurateurs. Etonnée, je me suis donc renseignée auprès d’un organisme compétent et la réponse reçue en retour m’a mise hors de moi :
Les menus en braille ne sont pas obligatoires mais seulement recommandés !
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