Nouveaux chapeaux de roues – Jean-Marie Audrain

 

On dit volontiers “Tout beau tout neuf”
sans réaliser que nous présupposons que la nouveauté
possède en soi des atouts privilégiés.
Ce qui s’applique à un chapeau s’applique également
à l’intérêt que nous portons à un livre, à un film,
mais aussi à une relation.

Molière ne nous rappelle-t-il pas dans son Don Juan que
« Les inclinations naissantes ont des charmes incomparables » ?
Si le Don Giovanni de Mozart débute et insiste sur la comptabilité des conquêtes (1003 exactement), celui de Molière cerne bien le syndrome « donjuanesque » qui consiste à jouir du jeu de la séduction et des premiers émois.

 

Ce qui nous charme dans la nouveauté est justement
qu’elle s’amorce bien souvent sur les chapeaux de roues
pour atteindre ensuite son allure de croisière.
De cet « acquis » peut naître la nostalgie du charme incomparable de l’inclination naissante.
Les frissons de la conquête et l’impatience de la découverte ne sont plus le moteur premier et les roues menacent de s’enliser dans le déjà-là de la routine et dans le jamais-plus des débuts passionnels.
Avoir conscience des règles et des risques du parcours peut nous aider à ne pas nous exposer aux sorties de piste douloureuses pour soi-même et pour autrui.

 

Mais rien nous empêche de conduire notre vie tambour battant du premier au dernier tour de piste en bichonnant nos chapeaux de roues.
Qui veut aimer longtemps ménage son allure.

 

 

 

Jean-Marie Audrain

Jean-Marie Audrain (960)

A propos du bonhomme

Né d'un père photographe et musicien et d'une mère poétesse, Jean-Marie Audrain s'est mis à écrire des poèmes et des chansons dès qu'il sut aligner 3 mots sur un buvard puis trois accords sur un instrument (piano ou guitare). À 8 ans, il rentre au Conservatoire pour étoffer sa formation musicale.
Après un bac littéraire, Jean-Marie suit un double cursus de musicologie et de philosophie à la Sorbonne.
Il se met à écrire, dès cette époque, des textes qui lui valurent la réputation d’un homme doublement spirituel passant allègrement d’un genre humoristique à un genre mystique.
Dans ses sources d’inspiration, on pourrait citer La Fontaine, Brassens et Devos.
Pendant longtemps il a refusé d’imprimer ses œuvres sur papier, étant un adepte du principe d’impermanence et méfiant envers tout ce qui est commercial.
Si vous ne retenez qu’une chose de lui, c’est que c’est une âme partageuse et disponible.

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