Mots à blanc – Jean-Marie Audrain

     

 

Que dirai-je aujourd’hui

Qui ne soit poésie ?

Qu’elle est la seule chose au monde

Dont on ne s’est pas méfiés

La laissant innocemment défiler

Alors que notre tréfonds gronde.

 

Certaines auraient un penchant

A la tirer comme balles à blanc

Tel un suicide mal assisté

Par des vers amers de rimer.

 

A charge et à décharge

Au jugement dernier

Si on tire hors la marge

Poésie sera tuée.

 

Que dirai-je aujourd’hui

Qui ne soit poésie ?

Qu’elle est le placébo le mieux toléré

L’Alka Seltzer qui n’en n’aurait pas l’air

L’amourette russe que les témoins ont tuée

Par le désir du vouloir plaire.

 

 

Certains diront à juste titre

Que sans les rimes, aucun plaisir

Sinon celui de faire le pitre

Quand la prose ferait défaillir.

 

 

A charge et à décharge

Au jugement dernier

Si on tire hors la marge

Poésie sera tuée.

 

Que dirai-je aujourd’hui

Qui ne soit poésie ?

Qu’elle est la muse vérolée

Qui sous le beau masque le pire

Un ersatz à la balle perdue

Qui vise le cœur, jamais ne tue

Mais ensanglante l’avenir.

 

On peut y voir avec le temps

Comme un duel qui s’éternise

Sans gagnant ni mauvais perdant

Où la non vie serait la mise.

 

A charge et à décharge

Au jugement dernier

Si on tire hors la marge

Poésie sera tuée.

 

A écouter ici en chanson : 

 

Jean-Marie Audrain

Jean-Marie Audrain (978)

A propos du bonhomme

Né d'un père photographe et musicien et d'une mère poétesse, Jean-Marie Audrain s'est mis à écrire des poèmes et des chansons dès qu'il sut aligner 3 mots sur un buvard puis trois accords sur un instrument (piano ou guitare). À 8 ans, il rentre au Conservatoire pour étoffer sa formation musicale.
Après un bac littéraire, Jean-Marie suit un double cursus de musicologie et de philosophie à la Sorbonne.
Il se met à écrire, dès cette époque, des textes qui lui valurent la réputation d’un homme doublement spirituel passant allègrement d’un genre humoristique à un genre mystique.
Dans ses sources d’inspiration, on pourrait citer La Fontaine, Brassens et Devos.
Pendant longtemps il a refusé d’imprimer ses œuvres sur papier, étant un adepte du principe d’impermanence et méfiant envers tout ce qui est commercial.
Si vous ne retenez qu’une chose de lui, c’est que c’est une âme partageuse et disponible.

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6 Commentaires
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Edith Ralu
Membre
29 mai 2025 16 h 28 min

Le tréfonds ne gronde pas mais l être humain est compliqué ….une fois ange une fois démon et ce monde de maintenant très agressif verbalement .. ..et certes je dirais Faire le bien et Laisser dire!!!!

Chausson Maud
Invité
Chausson Maud
29 mai 2025 10 h 43 min

Que tu ne dirais-tu aujourd’hui qui ne soit poésie ? Merci. J’aime aussi.

Johanne Hauber-Bieth
Membre
31 mai 2024 17 h 59 min

Bravo….
J’aime… Je partage…