Mot d’une vie – Jean-Marie Audrain

Au fond de sa gorge serrée

Depuis l’enfance elle gardait

Ce que la vergogne dictait

Bouche fermée.

Pour un doux baiser sur son front

Rien n’aurait pu baisser sa garde

Tête haute malgré l’affront

Qui trop s’attarde.

Ses souvenirs d’adolescence

Des repas aux regards murés

Autour d’une table encombrée

De ses silences.

Elle s’exila de la maison

Son ressenti en bandoulière

Noué au fond d’un baluchon

Son cœur trop fier.

Par les routes et sur les chemins

Chaque détour la ramenait

A l’aveu de livrer enfin

Son noir secret.

Puis le remords fit son travail

De nuits troubles en jours aigris

Semant la mort en ses entrailles

Pour un non-dit.

Son père quêta à son chevet

Le dernier mot, l’ultime son

Qui de ses lèvres s’échappait :

Juste « Pardon ».

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Claudine Bazoge
Membre
8 janvier 2017 8 h 19 min

J’ai lu ce poème « bouche fermée et ces silences qui trop s’attardent » me refusent les mots pour dire qu’il n’y a rien à dire.

Claudine Bazoge
Membre
7 janvier 2017 21 h 20 min

J’ai lu ce poème « bouche fermée et ces silences qui trop s’attardent » me refuse les mots pour dire qu’il n’y a rien à dire.
Comment exprimer la beauté des mots qui s’unissent harmonieusement pour désigner la mort d’une jeune femme ?