
Des frissons dorment sous la gaze des rideaux.
Une vague lueur flotte comme un vieux songe
Sur tes chairs, un instant, calmées par un axonge ;
Ta main, pourtant, frémis, malgré les péridots.
Ton sourire, du temps, ne sait laver les maux ;
Le bruit de ta douleur te travaille et te ronge,
Creusant un long sillon dont l’empreinte te plonge
Dans un lourd désarroi qui détruit ton repos.
Entends-tu, dans le soir, cette clameur sauvage,
Tous ces vagissements d’une horde aux abois ?
As-tu franchi les ans pour entendre une voix
Aux perfides échos pleins de haine et de rage?
Et ce mirage, au loin, dans un brouillard épais,
Ne vois-tu pas que c’est l’illusion de la paix ?