Mirage – Richard Daurel

 

Des frissons dorment sous la gaze des rideaux.

Une vague lueur flotte comme un vieux songe

Sur tes chairs, un instant, calmées par un axonge ;

Ta main, pourtant, frémis, malgré les péridots.

 

Ton sourire, du temps, ne sait laver les maux ;

Le bruit de ta douleur te travaille et te ronge,

Creusant un long sillon dont l’empreinte te plonge

Dans un lourd désarroi qui détruit ton repos.

 

Entends-tu, dans le soir, cette clameur sauvage,

Tous ces vagissements d’une horde aux abois ?

As-tu franchi les ans pour entendre une voix

 

Aux perfides échos pleins de haine et de rage?

Et ce mirage, au loin, dans un brouillard épais,

Ne vois-tu pas que c’est l’illusion de la paix ?

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