
Les nouvelles instits
Se souviendront-elle
De ce que furent les Maîtresses,
Les vraies, entières et généreuses,
Sous d’indémodables blouses grises ?

On dit d’elle qu’elle est parfois
Pour certains une seconde mère
Qui aime autant qu’elle châtie
De punition en récompense.

Nonne, épouse ou vieille fille
C’est corps et âme qu’elle se consacre
A chasser avec même foi
Les poux comme les inepties
Cancrelats ou bien lieux communs.

La peau de ses doigts a gardé
Les lignes suivies aux cahiers
Ses yeux épient sur deux lorgnons
Le moindre jet, le moindre rire
Elle voit tout, même dos tourné
Et nul n’a percé son secret.
Elle sait conter avec magie
Les formulettes ou les consignes
Les tables comme les poésies
Sa passion modulant sa voix
Entre murmure et grands éclats
Et cache sous son tablier
Ses kleenex et ses petits soucis.

Elle s’usera jusqu’à la porte
Car elle ne vit que pour sa classe
De têtes de moins en moins blondes
Sous l’ignorance et sous la crasse
Sa retraite sonnera le glas
D’une vie remplie de bons points
De chewing-gums collés sous les tables
Et d’au-revoir sans mercis.
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A propos du bonhomme
Né d'un père photographe et musicien et d'une mère poétesse, Jean-Marie Audrain s'est mis à écrire des poèmes et des chansons dès qu'il sut aligner 3 mots sur un buvard puis trois accords sur un instrument (piano ou guitare). À 8 ans, il rentre au Conservatoire pour étoffer sa formation musicale.
Après un bac littéraire, Jean-Marie suit un double cursus de musicologie et de philosophie à la Sorbonne.
Il se met à écrire, dès cette époque, des textes qui lui valurent la réputation d’un homme doublement spirituel passant allègrement d’un genre humoristique à un genre mystique.
Dans ses sources d’inspiration, on pourrait citer La Fontaine, Brassens et Devos.
Pendant longtemps il a refusé d’imprimer ses œuvres sur papier, étant un adepte du principe d’impermanence et méfiant envers tout ce qui est commercial.
Si vous ne retenez qu’une chose de lui, c’est que c’est une âme partageuse et disponible.
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Très intéressant
Elles étaient exemplaires et remplaçaient souvent les mères ! Merci pour ce partage coïncidant avec la rentrée scolaire !
Très beau poème,j’adore merci Jean-Marie pour ce partage ❤️
Bonjour Poète, bel hommage aux institutrices d’antan, personnellement je préférais les instituteurs,détenteurs des valeurs, de la morale et du savoir, celles et ceux qui ont fait de nous ce que nous sommes du moins pour nos bases éducatives, puis les professeurs de collège et de lycée, puis les professeurs de faculté, métier que je connais bien ,je respecte fortement ces maîtres et maîtresses du savoir ,ce respect est parti en fumée hélas de nos jours, belle poésie ,merci et bonne soirée
Magnifique, une vraie vocation pour certaines, j’en ai eu une mais la blouse n’était pas grise et les Klennex personne n’utilisaient encore. Le bon vieux mouchoir était de mise dans la poche de nos blouses car oui on en a porté et je me souviens que j’avais très chaud avec à côté du poêle à bois dans la classe. Merci cher ami du rappel de ces bons souvenirs
Retour sur un temps pas si lointain pourtant d’un autre temps! Souvenirs souvenirs du temps où certaines professions étaient de véritables sacerdoces! Merci beaucoup pour ce rappel en poésie!
Nouveau thème intéressant. Les Maîtresses. Souvenirs d’enfance. J’en avais peur. Surtout une particulièrement. Souvenirs de mes années d’école privée. Saint Marie de Monceau. Cette maîtresse en particulier était aussi la proviseur. Tout le monde en avait peur ! C’est peut-être aussi tes souvenirs d’enfance ? ….. Tu me diras. Bises.
On s’y croirait. L’ambiance, la présence et les parfums, tout y est
Bonjour
C’est vraiment magnifique le poème sur la maîtresse d’école
Bisous