Maîtresse femme – Jean-Marie Audrain

       

 

Les nouvelles instits

 Se souviendront-elle

 De ce que furent les Maîtresses,

 Les vraies, entières et généreuses,

 Sous d’indémodables blouses grises ?

 

 

 

On dit d’elle qu’elle est parfois

Pour certains une seconde mère

Qui aime autant qu’elle châtie

De punition en récompense.

 

 

 

Nonne, épouse ou vieille fille

C’est corps et âme qu’elle se consacre

A chasser avec même foi

Les poux comme les inepties

Cancrelats ou bien lieux communs.

 

 

La peau de ses doigts a gardé

Les lignes suivies aux cahiers

Ses yeux épient sur deux lorgnons

Le moindre jet, le moindre rire

Elle voit tout, même dos tourné

Et nul n’a percé son secret.

 

Elle sait conter avec magie

Les formulettes ou les consignes

Les tables  comme les poésies

Sa passion modulant sa voix

Entre murmure et grands éclats

Et cache sous son tablier

Ses kleenex et ses petits soucis.

 

 

Elle s’usera jusqu’à la porte

Car elle ne vit que pour sa classe

De têtes de moins en moins blondes

Sous l’ignorance et sous la crasse

Sa retraite sonnera le glas

D’une vie remplie de bons points

De chewing-gums collés sous les tables

Et d’au-revoir sans mercis.

 

 

Jean-Marie Audrain

Jean-Marie Audrain (969)

A propos du bonhomme

Né d'un père photographe et musicien et d'une mère poétesse, Jean-Marie Audrain s'est mis à écrire des poèmes et des chansons dès qu'il sut aligner 3 mots sur un buvard puis trois accords sur un instrument (piano ou guitare). À 8 ans, il rentre au Conservatoire pour étoffer sa formation musicale.
Après un bac littéraire, Jean-Marie suit un double cursus de musicologie et de philosophie à la Sorbonne.
Il se met à écrire, dès cette époque, des textes qui lui valurent la réputation d’un homme doublement spirituel passant allègrement d’un genre humoristique à un genre mystique.
Dans ses sources d’inspiration, on pourrait citer La Fontaine, Brassens et Devos.
Pendant longtemps il a refusé d’imprimer ses œuvres sur papier, étant un adepte du principe d’impermanence et méfiant envers tout ce qui est commercial.
Si vous ne retenez qu’une chose de lui, c’est que c’est une âme partageuse et disponible.

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Pascale Marlier
Invité
Pascale Marlier
5 septembre 2024 18 h 49 min

Très intéressant

Brahim Boumedien
4 septembre 2024 21 h 04 min

Elles étaient exemplaires et remplaçaient souvent les mères ! Merci pour ce partage coïncidant avec la rentrée scolaire !

Farida
Invité
Farida
4 septembre 2024 18 h 55 min

Très beau poème,j’adore merci Jean-Marie pour ce partage ❤️

voulzijeanne
Invité
voulzijeanne
4 septembre 2024 17 h 27 min

Bonjour Poète, bel hommage aux institutrices d’antan, personnellement je préférais les instituteurs,détenteurs des valeurs, de la morale et du savoir, celles et ceux qui ont fait de nous ce que nous sommes du moins pour nos bases éducatives, puis les professeurs de collège et de lycée, puis les professeurs de faculté, métier que je connais bien ,je respecte fortement ces maîtres et maîtresses du savoir ,ce respect est parti en fumée hélas de nos jours, belle poésie ,merci et bonne soirée

Isabelle
Invité
Isabelle
4 septembre 2024 17 h 12 min

Magnifique, une vraie vocation pour certaines, j’en ai eu une mais la blouse n’était pas grise et les Klennex personne n’utilisaient encore. Le bon vieux mouchoir était de mise dans la poche de nos blouses car oui on en a porté et je me souviens que j’avais très chaud avec à côté du poêle à bois dans la classe. Merci cher ami du rappel de ces bons souvenirs

Stievenard Demont Christine
Invité
Stievenard Demont Christine
4 septembre 2024 17 h 00 min

Retour sur un temps pas si lointain pourtant d’un autre temps! Souvenirs souvenirs du temps où certaines professions étaient de véritables sacerdoces! Merci beaucoup pour ce rappel en poésie!

Chausson Maud
Invité
Chausson Maud
4 septembre 2024 16 h 23 min

Nouveau thème intéressant. Les Maîtresses. Souvenirs d’enfance. J’en avais peur. Surtout une particulièrement. Souvenirs de mes années d’école privée. Saint Marie de Monceau. Cette maîtresse en particulier était aussi la proviseur. Tout le monde en avait peur ! C’est peut-être aussi tes souvenirs d’enfance ? ….. Tu me diras. Bises.

Anne-Marie Hébert
4 septembre 2024 15 h 36 min

On s’y croirait. L’ambiance, la présence et les parfums, tout y est

Thomas Corinne
Invité
Thomas Corinne
4 septembre 2024 15 h 31 min

Bonjour
C’est vraiment magnifique le poème sur la maîtresse d’école
Bisous